Tunisie : Femmes entrepreneures

Les femmes entrepreneures au sommet de l’Olympe sociétal. Juste retour des choses, juste récompense. Honneurs à cette gente féminine qui se bat au quotidien moins pour s’affi rmer elle-même que pour donner au pays l’image que doit être la sienne, pour traduire dans les faits l’égalité des genres. Il n’y a rien qu’elle ne puisse entreprendre. Il n’est aucun secteur qu’elle n’ait investi, ni aucune responsabilité managériale qu’elle n’ait assumée avec brio et succès. Il n’y a rien non plus qui puisse faire obstacle à son envie d’entreprendre. Il n’y a rien en effet qu’elle n’ait réussi à surmonter. Qui donc pouvait retenir la femme tentée par l’aventure entrepreneuriale, la priver de la passion de créer ou la détourner de la sensation de prise de risques ?

On mesure sa réussite à sa détermination, à son obstination, à sa volonté de briser tabous et archaïsmes sociaux. Finis les temps où les femmes étaient cantonnées dans les métiers dits de femme. Ce qui déjà en soi est un exploit pour avoir gagné leurs galons de haute lutte. Leur contribution au PIB, à la création de richesses nationales frôle la parité dans les champs, les usines, les hôpitaux, l’enseignement, l’adminstration, les professions libérales, les staffs managériaux et jusqu’aux allées du pouvoir.

Il y a déjà longtemps qu’elles ont franchi le pas, en passant de l’autre côté du mur pour se projeter dans l’aventure entrepreneuriale. Elles étaient pionnières dans le secteur informatique comme nous l’expliquera Dr Mohamed Louadi. Elles ont même intégré l’usine de l’industrie métallique comme on le verra pour l’entreprise Soran active en matière de responsabilité sociétale.  Voyage dans l’inconnu ? Pas tant que cela, car les femmes chefs d’entreprise maîtrisent leur sujet, les outils de gestion et le gouvernement des entreprises. Reste qu’il s’agit d’une véritable immersion dans le glacis des résistances et des réticences sociales. Et c’est loin d’être effrayant, dès lors qu’elles ont une idée précise de ce qu’elles veulent entreprendre et ne perdent jamais de vue leur ligne d’horizon. Elles ont certes plus de diffi cultés à venir à bout du parcours du combattant -auquel s’expose tout nouveau promoteur-, lestées comme elles sont de charges familiales qu’elles assument sans la moindre complainte. Gagner pour elles est plus qu’un exploit, plus qu’un triomphe, obligées de se battre sur plusieurs fronts et de concilier l’inconciliable.

Discriminée sur le marché de l’emploi, quoi de plus révolutionnaire que la femme en crée le sien propre. Et quand elle réussit – et elle y parvient dans plus d’un cas –d’offrir l’opportunité de travail aux jeunes sans emploi, c’est tout le pays qui lui est redevable de ce geste de salut national. La dernière enquête de l’OCDE présentée lors de la table ronde sur l’entrepreneuriat féminin soulève le problème et propose des mesures pour soutenir la femme entrepreneure.

Nous avons une longue dette à l’égard des femmes qui ont porté haut et fort les couleurs et les ambitions de ce pays. Quoi qu’on fasse, nous ne leur serons jamais assez reconnaissants. Ce sont elles qui assurent l’éducation des enfants, protègent et préservent le lien familial, contribuent par leur travail au bien-être du ménage et, fi n des fi ns, donnent un supplément d’âme par leur générosité, leur probité et leur abnégation au travail.

Nous leur sommes d’autant plus redevables quand elles se lancent dans l’aventure entrepreneuriale, quand elles se battent avec l’énergie et l’envie que nous leur connaissions pour vaincre et triompher des obstacles. Dans bien des cas, il est plus facile d’affronter les aléas et les turpitudes des marchés que l’indifférence du banquier ou la résistance de l’Administration. A quelque niveau de l’échelle sociale ou sociétale où elles se trouvent, elles représentent chez nous, comme ailleurs, l’avenir de l’humanité.

Ni hommage de circonstance pour sacrifi er à l’air du temps, ni discrimination positive dont elles n’en ont cure. Rien que la démonstration d’une reconnaissance de coeur et de raison à laquelle s’associent les membres du jury en décernant aujourd’hui les trophées de l’entrepreneuriat féminin et en consacrant aux lauréats le dossier de ce mois pour les hisser sur le podium. On ne saurait mieux saluer le génie créateur de ces étoiles qui illuminent de leur éclat et de leur désir d’avenir le ciel quelque peu mouvementé de l’économie tunisienne.

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