Liberté de la presse : qu’en est-il aujourd’hui ?

A toutes ces questions et bien d’autres, l’observatoire national des journalistes tunisiens qui vient d’être créé aspire à y répondre. Une conférence de presse tenue ce lundi 3 août, dans un hôtel de la capitale, a été l’occasion pour annoncer la création de cet observatoire.

Défendre les droits du secteur des médias, telle est la démarche annoncée par l’observatoire, a fait savoir la porte-parole, Wahiba Yaakoubi, ajoutant également que cette nouvelle structure défendra les intérêts des journalistes.

Et de poursuivre: “En tant que journaliste dans ce secteur hormis d’être la porte-parole de l’observatoire, depuis fort longtemps je souhaitais que ce projet voie le jour, et ceci n’a pu aboutir que grâce aux efforts de tout le monde. Certes, nous avons subi des pressions, voire des menaces, des intimidations, mais pour faire ce métier, il faut que nous soyons tous solidaires ”.

Plusieurs institutions médiatiques viennent d’être fondées comme cet observatoire. Quelle est sa mission? La journaliste et membre du SNJT Saïda Hammemi fait le point sur ce sujet et s’interroge sur son rôle, précisant : “Nous ignorons encore quelle est sa mission, d’autant plus qu’il vient d’être créé et voilà qu’il organise une conférence de presse critiquant les médias. Comment a-t-il pu dresser un rapport sur les agressions à l’encontre des journalistes ?  Remarquez, le centre tunisien de la liberté de la presse est bel et bien présent depuis longtemps, mais il a mis longtemps pour qu’il soit connu et reconnu ainsi que  la visibilité de son travail”.

Et d’ajouter: “ Cet observatoire reste toutefois un mystère, nous n’avons aucun problème avec tel ou tel organisme. Mais ce que nous exigeons en tant que syndicat c’est que les choses soient claires. ”

Interrogée sur l’avenir des médias en Tunisie, elle a répondu : “ On sent que la liberté de la presse est menacée, faisant référence au projet de loi antiterroriste. Un projet de loi de qui vise à protéger les forces de sécurité”.

Et de conclure : “Je ne suis pas vraiment pessimiste, mais je suis plutôt réaliste, car le combat est loin d’être fini pour que la presse soit libre, indépendante et ne soit soumise à aucune pression”.

“ La liberté de la presse ne tient qu’à un fil”, voilà une campagne qui vient d’être lancée par Reporters sans frontières du 1 er au 15 août. Défendre la liberté de la presse est un droit pour tous, telle est la devise des journalistes et des organismes qui ont participé à cette campagne.

Par ailleurs, Reporters sans frontières, le Centre de Tunisie pour la Liberté de la Presse (CTLP), le Syndicat national des journalistes tunisiens dénoncent toute tentative d’un retour en arrière de la liberté de la presse en Tunisie, ainsi qu’aux menaces qui pèsent sur les activités des journalistes.

Protéger la liberté de la presse est le mot d’ordre, et il est à rappeler que depuis le début de l’année 2015, le nombre croissant des agressions contre les journalistes suscite des inquiétudes. Protéger la sécurité physique et juridique, en donnant plus de facilité de travail aux journalistes, une démarche que le SNJT et d’autres organismes comme le RSF revendiquent haut et fort.

Mais la disparition des deux journalistes  Sofiane Chourabi et Nadhir Ktari a fait un remue-émange à l’échelle nationale et internationale. Depuis le 8 septembre 2014, certains disent qu’ils seraient morts, selon les Libyens, d’autres disent le contraire. Onze mois après leur disparition, il est urgent que la lumière soit faite sur leur sort”.
Et pour finir, comme disait  Albert Camus   : “La liberté, seule valeur impérissable de l’histoire”.

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