Beaucoup reste à faire !

A la suite d’une réunion tenue le 20 juillet 2015 sur le projet de loi organique relatif  à la réconciliation économique et financière, l’Instance Vérité et Dignité (IVD) a présenté un rapport final d’un sondage sur la perception des Tunisiens de la justice transitionnelle, et ce, lors d’une conférence de presse,  ce vendredi 31juillet, au siège de l’IVD. L’échantillon du sondage est composé de 3 547 individus répartis sur l’ensemble du territoire tunisien.

Pour l’IVD le projet de loi de la réconciliation économique et financière transmettra aux investissseurs locaux et étrangers et aux institutions internationales un message négatif. « Ce projet de loi ne garantira pas un climat d’affaires assaini de toute corruption basé sur une justice indépendante et un Etat de droit », a déclaré Sihem Ben Sedrine, présidente de l’IVD.

S’agissant de la mission de l’IVD, 48.6% voudraient connaître la vérité sur les violations passées et la corruption. Seulement 15,5% seraient en faveur de l’élaboration d’un programme global de réparations. 6,7%  voudraient préserver et archiver la mémoire nationale. Les violations concernées par le processus de la justice transitionnelle sont  pour 42,6% liées aux violations des droits civils et politiques. Pour 36,4% les violations concernées par la justice transitionnelle sont liées aux dossiers de corruption financière. Dans ce contexte, 96,6% ont exprimé la nécessité de dévoiler  les violations commises par le passé.

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Crédit Photos : IVD

La justice transitionnelle et les réformes institutionnelles sont-elles une nécessité pour la Tunisie ? 

Pour 78,5% des sondés, la justice transitionnelle est une nécessité, voire une exigence des droits de l’Homme pour garantir la transition vers l’Etat de droit. Solder le passé et parvenir à la réconcilation nationale, éviter la réédition des atteintes contre les droits de l’Homme et en finir avec les préjugés vis-à-vis du passé, tels sont les principaux arguments qui justifient la nécessité  d’avoir une justice transitionnelle.

S’agissant de l’avancement du processus de réforme instittutionnelle, 61,8% estiment que ce processus n’avance pas. 45,8% des sondés considèrent que l’avancement du processus de  décentralisation du pouvoir ( régional & local) ne va pas dans le bon sens. La moitié des sondés estiment « moyen » l’avancement de ce processus en matière de  justice et des médias. « Certains médias sont encore loin d’être objectifs et neutres quant au traitement des dossiers d’intérêt national », a déploré Mme Ben Sedrine…L’avancement du processus des réformes de sécurité est pour 42,9%  » moyen ». 90,7% considèrent que la réforme institutionnelle concerne essentiellement les instititutions administratives. La justice et les médias viennent respectivement en 5e et 6e position parmi les corps à réformer.

35,6% jugent que les efforts réalisés par l’Etat pour combattre la corruption sont encore faibles et en deçà de leurs attentes. La lutte contre la corruption doit être  pour la majorité des sondés (97,3%) une priorité dans les réformes insititutionnelles.

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