Femmes et politique : obstacles pour accéder aux postes de décision

“La femme dans les partis politiques et les obstacles qu’elles rencontrent pour accéder aux postes de décision”’, tel était un peu le débat organisé par l’Institut arabe des droits de l’Homme, en collaboration avec la fondation Konrad Adenauer, jeudi 23 juillet. La femme en politique en Tunisie est-elle sous-représentée ? Beaucoup d’intervenantes et intervenants ont exprimé lors de ce débat chacun(e) sur l’état des lieux et la situation actuelle.

Une enquête menée par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (l’ISIE) montre que le taux de participation de la femme en tant qu’électrice est plus important que celui de l’homme, soit 50.5% contre 49.5% aussi bien lors des législatives que des présidentielles, taux qui selon Lamia Zargouni, membre du conseil de l’ISIE, est positif, en comparaison de l’année de 2011, où ce taux avait 10 points de moins.

Et d’ajouter : “ Sur les 1327 listes électorales, seules 148 femmes sont présidentes de liste électorale, soit 12 %, un nombre très restreint, et au Parlement, nous avons 70 députées femmes, qui représentent 32 %, un taux plutôt considérable, du moment qu’il dépasse 30%, cela ne peut être que positif”.

Interrogée sur la parité au sein de l’ISIE, elle a “estimé que c’est un nombre très restreint, il ne représente que le tiers des membres de l’ARP. Mais j’ajouterais que la présence de la femme est plus honorable, nous avons plus de 50 % d’administrateurs et même si nous n’étions que trois femmes, notre travail est tout à fait considérable”, a-t-elle répondu.

Présente à l’ouverture de ce débat, Samira Meraï Friaa, ministre des Affaires de la femme et de l’enfance, explique que le taux de participation des femmes dans les postes clés ne dépasse guère les 10%.

Et de poursuivre: “Ceci résulte bien évidemment du manque de prise de conscience des partis politiques. Pour elle la solution réside dans la plus grande mobilisation de tous les acteurs, y compris la société civile à renforcer le rôle de la femme dans la vie politique, ce qui pourra changer la donne”.

Pour Salsabil Klibi, enseignante en droit constitutionnel à la faculté des Sciences juridiques, membre de l’Association tunisienne du droit constitutionnel, la solution c’est que la femme occupe davantage de postes politiques: “Il faut commencer à travailler dès maintenant parce que nous avons des élections en vue mais un parti politique qui se respecte doit agir comme si les élections ont lieu demain, il doit se préparer dès maintenant et commencer à recruter d’abord d’une manière intelligente sur une base de conviction sur l’apport de la femme et non sur une base d’obligation, conclut-elle.

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