N. Fehri lance le débat

« Nous sommes réunis ce soir pour une raison officielle, mais aussi pour une raison de cœur ». C’est en ces termes que Noomane Fehri, ministre des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique, a accueilli toutes les parties prenantes du monde des TIC : opérateurs télécoms, fournisseurs internet, associations du secteur des TIC mais aussi d’anciens ministres des TIC, des représentants des partis politiques,  de l’UTICA  lors du kick-off organisé le 7 juillet par le ministère dans un hôtel aux Berges du Lac.

Le but est de réfléchir sur le nouveau code, que Noomane Fehri ne souhaitait ni être un code des télécoms ni même un code numérique mais plutôt le code de la Tunisie numérique, comme l’a aussi mentionné Haj Glai. Un code qui serait crucial voire stratégique pour la mise en place de Tunisie Digitale 2018 selon les dires de Tawfik Jelassi ancien ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et des Technologies de l’information.

Tous les intervenants étaient unanimes quant à  l’importance de la mise à niveau de la réglementation pour assurer le but ultime qui n’est autre que l’amélioration du bien- être du consommateur, sa confiance numérique et la protection des données personnelles.  Zied Miled, consultant télécom et juriste mandaté par le ministre pour mener la task force, a commencé par planter le décor en précisant que ce code nous offre une chance pour rattraper le tournant que la Tunisie avait déjà loupé. Dans un débat opposant ceux qui prônent une amélioration de l’existant et ceux partisans du tout refaire de zéro, il a d’emblée appelé à abandonner la stratégie de la page blanche, pouvant à son avis enclencher un vide juridique et poser problème à des investisseurs étrangers qui ont acheté leur licence en fonction de la réglementation en vigueur. L’essentiel pour lui est d’éviter l’inflation normative et œuvrer  pour une cartographie juridictionnelle claire.

L’économie numérique pour tirer la Tunisie vers le haut

Hichem Besbes, président de l’INT, a appelé à l’indépendance des régulateurs mais aussi à bien définir les prérogatives de chaque partie prenante et d’apporter des clarifications quant aux sanctions. C’est dans ce sens qu’il a suggéré de réformer le secteur avant d’élaborer le code. La régulation est continue dans le temps, il importe également de réfléchir à la question de la rétroactivité dans un secteur aussi dynamique », a-t-il déclaré.

Mongi Marzouk a rappelé que le code doit permettre de retrouver une concurrence équitable et de retrouver le lien entre le revenu et le trafic ou la capacité du réseau. Il a  insisté sur l’impératif de la neutralité technologique des normes qui seront adoptées. Il faut appliquer les mêmes règles pour les mêmes services. Kaies Sellami d’Infotica a soulevé le problème de la frontière floue entre le code média ou le code presse et le code numérique, du moment que la presse est essentiellement numérique aujourd’hui.

L’échange d’idées était fort intéressant, même si certains étaient sceptiques notamment en ce qui concerne l’adhésion et la mise à niveau numérique de l’administration. Tous ont néanmoins mis l’accent sur l’importance de ce code dans l’aboutissement  du plan national stratégique et la réussite de Tunisie Digitale. Noomane Fehri a précisé que l’économie numérique sera la porte de ce nouveau modèle de développement qui va tirer la Tunisie vers le haut et que cette génération saura, du moins essaiera de mettre la Tunisie à l’ère du numérique. « Ensemble, notre rôle est de nous assurer que nous disposons d’une base de développement propre à l’ère du numérique,  de connecter, de « fibrer » toute la Tunisie », a-t-il précisé. Et de conclure avec grande détermination :«Je sais que la victoire a plusieurs pères, nous tous, ceux d’avant, de pendant et d’après la révolution. Certes, la défaite est orpheline, mais je suis sûr que nous allons réussir »

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