Le Président de la République décrète l’état d’urgence

Le Président de la République Béji Caïed Essebsi a proclamé cet après-midi l’état d’urgence sur tout le territoire national .

Pour expliquer cette décision grave, le président s’est adressé à la nation cet après-midi dans une allocution retransmise en direct sur les ondes télévisées de la chaîne nationale watanya 1.

Cette décision a été prise en applicationn de l’article 80 de la Constitution.

Juridiquement, l’état d’urgence est une mesure prise par le gouvernement en cas de péril imminent dans un pays. Certaines libertés fondamentales peuvent être restreintes, à l’instar de la libre circulation ou la liberté de la presse, et d’expression.

Essebsi a commencé son allocution par une présentation de la situation très difficile et exceptionnelle par laquelle passe la Tunisie. Il a brossé un tableau réaliste et dur de la situation à laquelle font face les Tunisiens.

Face à cette situation exceptionnelle, a déclaré le président, il nous fallait prendre des décisions exceptionnelles sans pour autant mettre en cause les libertés fondamentales, et le processus démocratique irréversible que la Tunisie a entamé.

En prenant ses fonctions, le gouvernement actuel, a déclaré le président, s’est trouvé confronté à des défis sécuritaires, sociaux, économiques et terroristes majeurs.

La situation difficile que vivent les régions de l’intérieur, résultat de plusieurs décennies de développement favorisant le littoral,  s’est traduite par des revendications sociales multiples et un nombre de grèves de plus en plus important, et qui plus est, illégales pour la plupart.

Des entreprises stratégiques, a déclaré Essebsi, ont vu leur production s’arrêter comme c’est le cas pour le secteur du phosphate.

Même en cas de reprise de la production, des sit in empêchaient son acheminement. Plus grave encore, a ajouté le président, des slogans tels  que «  je travaille ou personne ne travaille » ont été brandis.

Cette situation difficile nécessitait la mobilisation des investissements aussi bien nationaux qu’internationaux. Malheureusement, le facteur clé pour la relance des investissements, à savoir le climat social,  était absent à tel point qu’un très grand investisseur étranger qui avait décidé d’investir 557 millions d’euros dans un projet très important en Tunisie a décidé, vu cette situation sociale, de le réaliser dans un pays frère et ami. Ce projet devait créer dans un premier temps 5000 emplois et au final 50.000 emplois.

Ces défis sociaux et sécuritaires étaient donc les plus importants à relever et la Tunisie à elle seule n’avait pas les moyens ni matériels ni humains pour y faire face car ce terrorisme est transnational et régional.

La situation en Libye a compliqué encore plus la situation d’autant plus que dans ce pays il n’y a plus d’Etat mais des milices armées qui se partagent des zones d’influence. Les frontières sont devenues très perméables et à cela se sont ajoutées les interventions de différents pays frères qui avaient chacun son propre agenda.

En Tunisie, après avoir eu à affronter le terrorisme dans les montagnes, nous nous sommes retrouvés avec l’attaque du Bardo et surtout l’attaque de Sousse face à un terrorisme urbain.

Pourquoi la Tunisie est visée  par ce terrorisme ? Le président a déclaré à ce propos que notre pays est le seul de la région qui ait adopté un processus démocratique, le seul qui se soit doté d’une Constitution laïque sans renvoi à des concepts religieux, le seul pays républicain.

Elle est donc un modèle antinomique de celui que les terroristes de Daesh veulent imposer, le califat.

Pour affronter ce terrorisme, la Tunisie a besoin de l’aide étrangère et depuis décembre cette coopération a commencé à prendre forme avec les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Union européenne. Mais, cette coordination n’est pas encore complète.

Il y a péril en la demeure, a clamé le président, et la mobilisation, l’union nationale sont primordiaux en plus de la mobilisation de toutes nos forces armées. Nous sommes en état de guerre. Et cette guerre nécessite une mobilisation populaire, un état d’urgence dans le respect des libertés d’expression et d’opinion.

Les médias devraient prendre en compte cette situation exceptionnelle.

Décret n° 78-50 du 26 Janvier 1978 réglementant l’état d’urgence

 

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