Imed Daïmi : « …Cessons de chercher des alibis »

Intervenant sur les ondes de la RTCI, le secrétaire général du CPR, Imed Daimï, est revenu sur le projet de loi antiterroriste, notamment en ce qui concerne son avancement et a exposé ses réserves. Il soutient que les termes utilisés dans le projet de loi demeurent vagues. A cet égard, il a précisé que le législateur a opté pour l’établissement d’une liste des crimes qui peuvent être qualifiés de terroristes, alors que « cette liste ne peut en aucun cas être exhaustive ». D’après lui, les terroristes pourront  toujours recourir à de nouvelles formes de terrorisme qui ne tombent pas forcément sous le coup de la loi en question. Tel  le cas de l’utilisation de boucliers humains, crime qui n’est pas mentionné dans le projet de loi. Par ailleurs, trouver une définition bien déterminée au terrorisme n’est pas une tâche aisée et la liste figurant dans le projet de loi n’est pas exhaustive.

D’autre part, le député à l’ARP a mentionné l’expression « mener l’Etat à renoncer à un travail ». Selon lui, même l’action syndicale et le travail de quelques associations visent à mener l’Etat à renoncer à une tâche déterminée. L’ambiguïté d’un certain nombre d’articles peuvent faire tomber sous le coup de cette loi une simple bagarre dans un aéroport : « Cette loi ne doit pas être utilisée pour restreindre les libertés ou régler des comptes avec les mouvements sociaux », dit-il et de poursuivre : « La loi antiterroriste doit être utilisée uniquement pour la lutte contre le terrorisme », insiste-t-il. D’après l’intervenant, par un simple témoignage anonyme l’accusé peut être traduit devant la justice, ce qui constitue un retour aux anciennes pratiques : « Plusieurs personnes du mouvement Ennahdha ont été jugées à cause de témoignages anonymes pendant les années 90 », dit-il.

Cependant Imed Daïmi a reconnu qu’il existe des avancées par rapport à l’ancienne loi de 2003 mais d’autres points doivent être améliorés.

Revenant sur la date limite de la finalisation du projet de loi, Imed Daimï a indiqué qu’une loi d’une telle importance ne doit jamais être adoptée dans l’urgence. Et de rappeler que le rapport de sa commission doit être envoyé à la commission de législation générale début de la semaine prochaine pour que cette dernière prépare son rapport vers le 15 juillet.

Concernant la menace terroriste, Imed Daïmi a affirmé qu’il ne croit pas à la théorie du complot et qu’il ne faut pas chercher des alibis aux terroristes. Il a nié par ailleurs l’existence de vide juridique puisque  « la loi de 2003 est appliquée avec tous ses défauts ».

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