Crise grecque : Quand Zeus s’en lave les mains !

Et hop ! Alexis Tsipras a sauté le rubicon en rejetant les propositions de l’Eurogroup sur la crise grecque. Tsipras devait, par ailleurs, trouver, en ce premier jour du Seigneur du mois de juillet, de quoi payer une échéance de 1,6 milliard d’euros au FMI et faire face au quasi arrêt pour « lack of liquidity » des banques locales.

Le Premier ministre grec a-t-il conscience des conséquences de son geste ? Dans tous les cas de figure,  il a aujourd’hui besoin comme jamais du dieu des dieux, Zeus qui semble se détourner de sa Grèce antique,  et même de toute la mythologie grecque, pour sauver ce qui pourrait l’être encore.

La crise grecque met, en fait, en évidence l’indécence du pouvoir actuel de vouloir plumer d’autres pays et la volonté de continuer à surnager dans un système voué à l’échec depuis des décennies. La Grèce est placée dans le même contexte vécue par l’Argentine, à la fin des années quatre-vingt-dix, qui reste, à ce jour, bannie par les bailleurs de fonds.

Les dindons de la farce seront, bien sûr, les descendants  de Ptolémée  qui entendront, dans les tous prochains jours, Eole siffler comme jamais au risque d’emporter le Panthéon dénudant par la même Athènes et les descendants d’Ulysse : en effet, dès lundi, les banques grecques ont limité les retraits à 60 euros/jour  par carte de crédit et font face à leur plus grande crise de liquidité puisqu’elles n’auraient à leur disposition ce vendredi que 500 millions d’euros. L’accès de la Grèce au mouvement des capitaux électroniques a été suspendu signifiant un quasi-arrêt des importations et déjà les médicaments et quelques produits alimentaires commencent à manquer dans les îles.

Le commerce hors produits alimentaires s’est rétracté de 50% en cinq jours, piégeant une population qui se mord les doigts de son choix électoral. Moody’s a abaissé la note souveraine grecque à Caaa soit à la catégorie de  « défaut imminent » emboîtant le pas à S&P et Fitch qui placent désormais la Grèce à deux crans du défaut.

Le défaut de paiement étant, néanmoins, techniquement atteint puisque l’échéance de 1,6 milliards d’Euros n’a pu être honorée  mardi 30 juin. C’est dans cette ambiance surréaliste que le peuple hellénique vient d’être appelé par Alexis Tsipras à un référendum jugé hors standards au vu de la rapidité de sa mise en place.

Un référendum dans lequel le parti Syriza du premier ministre, appelle à voter en faveur  du « non » qui signifiera inexorablement le défaut de paiement et la sortie du pays de la zone euro. Selon les sondages, le «  non » au programme de réforme en contrepartie de l’aide est encore devant mais la remontée du « oui » est importante tant la population est aujourd’hui convaincue de l’incapacité du parti populiste  à conduire le pays, au bord de l’asphyxie.

La victoire du non, si elle se confirmait, donnera lieu à un bis repetita du cas argentin avec tout ce qu’il y a de néfaste à une population déjà meurtrie et qui le sera encore plus, pour plusieurs années. A trop vouloir sauver ce qui est anachronique, à savoir les dépenses publiques  faramineuses, le gouvernement grec d’Alexis Tsipras, finira par détruire ce qui est encore debout : La Grèce

Mais que possèdent donc ces Grecs pour se mettre à dos les bailleurs de fonds? Presque rien de vraiment tangible. Une économie en rade, des systèmes d’aide obsolètes, une administration pléthorique,  un régime de retraite plombant jusqu’à 15 % le PIB, une large tendance à l’ignorance de la valeur travail et un endettement faramineux de 320 milliards d’euros.

Des ingrédients qui rappellent un pays qui se trouve plus au sud avec en plus une crise sociale et un environnement sécuritaire mal en point et menacé, de surcroît, par des hordes sauvages.  Alors le modèle grec caressé dans le sens du poil et même sublimé par certains politiques locaux, bien de chez nous, qui ont récemment visité ce pays et qui nous suggèrent de fermer la porte au FMI et aux organismes internationaux sans savoir ce que cela engendrerait réellement, cela s’appelle «  cécité politique ».

1 COMMENTAIRE

  1. Je trouve que cet article et ses références à la mythologie grecque dépeigne l’état d’esprit erroné et de mauvaise foi des créditeurs de la Grèce. Je vis dans ce pays depuis plus de 20 ans et je pense qu’il ya une montagne de mythes qui a été construite sur la crise grecque: Pour en revenir à Tsipras et au fait qu’il a appelé à voter «non», c’est normal vu que son parti Syrisa l’a fait élire sur la promesse de mettre fin à l’austérité mais aussi de rester dans la zone euro. Tsipras s’est aperçu qu’il ne parvenait pas à tenir sa promesse et toutes les
    dernières propositions du gouvernement Grec ont été rejetées avec mépris par les créanciers. Au comble de l’humiliation, voyant bien qu’il n’avancerait pas davantage, le Premier
    ministre grec a convoqué un référendum pour demander le soutien démocratique du peuple. Ce qui a été fait et cela mériterait le respect du peuple Tunisien qui s’est révolté contre la dictature et les pratiques mafieuses de l’ancien régime.

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