« 120 Tunisiens portés disparus à Misrata »

crédit photo : assabahnews.tn

La Libye est aujourd’hui un large champ de bataille entre l’armée libyenne et les différents groupes terroristes. leconomistemaghrebin.com a rencontré Omar Al-Gouiri, ministre libyen de la Culture et de l’Information, en marge de sa visite en Tunisie, pour faire le point sur la situation sécuritaire dans son pays, la lutte contre le terrorisme et les relations tuniso-libyennes. 

leconomistemaghrebin.com : Pouvez-vous nous parler brièvement de la situation en Libye ?

Omar Al-Gouiri Ce qui se passe en ce moment est un coup d’Etat orchestré par des groupes armés et plusieurs autres organisations terroristes. Ils sont présents sur le territoire parce qu’ils ont refusé les résultats des dernières élections et le choix des Libyens qui ont élu les membres du Congrès général national. Le peuple libyen a soutenu le gouvernement élu et il a montré qu’il est capable de les affronter. Nous avons mené une révolution qui a fait tomber le régime de Kadhafi. On a initié un processus de transition démocratique. Il s’est avéré qu’une majorité des membres du parlement élu après la chute de Kadhafi voulait faire avorter notre révolution et semer le doute sur sa légitimité.

La Libye, comme plusieurs autres pays est confrontée au danger du terrorisme et des groupes terroristes notamment l’Etat islamique…

Il y a au Nord de la Libye 1700 milices armées constituées essentiellement de groupes islamistes. Les affrontements diffèrent d’une région à une autre. Les groupes extrémistes sont de différentes nationalités (y compris des milliers de Tunisiens de retour de la Syrie et d’Irak). Il y a également le reste des révolutionnaires qui posent moins de problèmes. L’est du pays est divisé entre l’Armée libyenne, l’Etat islamique (Daech) à Tripoli et Ansar el Chariaa.

Comment voyez-vous la fin de ce conflit ?

Il faut d’abord, à mon avis, soutenir davantage l’Armée libyenne et lever l’embargo pour que le Peuple libyen puisse éradiquer le terrorisme.

Quel bilan faites-vous de la coopération économique tuniso-libyenne ? 

La coopération économique est une constante dans les relations entre les deux pays et nous espérons que cela continue. Nos relations sont des relations de fraternité, d’amitié, entre des familles qui vivent des deux cotés de la frontière. La Tunisie nous aide énormément malgré sa situation actuelle difficile.

Il est certain qu’il y a des dossiers qui sont en suspens, en particulier les dossiers du développement et du tourisme. Certes le secteur touristique connait des difficultés, mais le tourisme de santé est entrain de se développer. Notre coopération se poursuit malgré les obstacles, il faut aussi penser à la création d’une chambre sécuritaire tuniso-libyenne, économique. Voilà ce que nous voulons.

Quel est le pays qui vous soutient en ce moment ?

Tous les pays arabes. Nous ne voulons pas nous limiter à un seul pays, notre objectif est que les pays qui veulent nous aider le fassent dans le cadre de la coopération et dans la légitimité.

Vous avez annoncé que les deux journalistes tunisiens Sofiane Chourabi, et Nadhir Ktai disparus en Libye depuis le mois de septembre 2014 sont encore vivants…

Nous traitons le cas de ces journalistes comme s’il s’agissait de nos enfants et à mon avis ils sont en vie, parce que le groupe qui les détient aurait annoncé leur assassinat s’il les avait exécutés.

Hier, l’activiste libyenne Intissar Hassïri a été assassinée en compagnie de sa tante paternelle pour le simple motif d’avoir affiché une pancarte pour une Libye libre.

Le gouvernement tunisien, précisément le ministre des Affaires étrangères Taïeb Baccouche a déclaré qu’il n’y a pas qu’un seul gouvernement avec lequel on pourra négocier? Quel est votre avis ?

Il ne faut pas confondre entre une partie élue et une partie non élue, ma présence ici le prouve, du moment que nous avons un gouvernent élu, une ambassade. Cependant le problème est complexe avec  les spéculations qui vont du bon train. On veut nous induire en erreur dans le but de créer le chaos. Je vous rappelle aussi qu’il y a 120 Tunisiens qui sont portés disparus à Misrata et que personne n’en parle. Parmi ces personnes disparues, des fonctionnaires, des civils. La Libye est elle aussi prise en otage.

Quant à la décapitation des 21 égyptiens de confession chrétienne, l’opinion internationale s’est montrée très ferme. Pourtant, deux semaines auparavant, il y a eu 20 soldats libyens tués. Quelle a été la réaction internationale ? Rien.

Certains pays envisagent une intervention militaire en Libye, qu’avez-vous à dire à ce propos ?

Nous sommes contre. Notre demande se limite à lever l’embargo sur les armes pour l’Armée libyenne et qu’on nous laisse gérer les problèmes de notre pays tout seul.

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