Entrepreneuriat féminin : innover pour mieux exporter

L’Association Internationale des Femmes Entrepreneurs (AIFE) a organisé, en ce mardi 24 février, une conférence de presse relative au colloque organisé sous le thème “Innover pour mieux exporter”. Promouvoir l’entrepreneuriat féminin, développer l’exportation, améliorer la qualité, la compétitivité et les réseaux de distribution, voilà ce que la trésorière de l’AIFE, Néjiba Chouk a indiqué, ajoutant que 4 ans après la révolution, avec les difficultés rencontrées, il est primordial  de s’attaquer aux vrais problèmes à l’origine de la révolution, qu’ils  soient le chômage, le manque de développement régional, le manque de main-d’œuvre qualifiée,  etc…

Les problèmes se posent à tous les niveaux : des procédures administratives à l’infrastructure du transport, portuaire, aérien, terrestre, des problèmes au niveau de la formation, dont la cause serait liée à une absence de mise à niveau de nos écoles, aux centres de formation, des universités, d’autant plus que  les méthodes de travail sont restées plutôt archaïques.

Interrogée sur la solution qu’elle envisage, la trésorière de l’Aife a répondu :” L’adaptation de la formation aux besoins de l’entreprise, la simplification et l’amélioration des financements des entreprises exportatrices, l’amélioration du transport, des télécommunications”. Et de continuer “l’ouverture des nouveaux marchés que l’on doit consolider mais gagner aussi d’autres marchés où on peut vendre nos produits tels que  les USA, l’Asie, l’Afrique. L’essentiel  est de donner un coup de pouce aux chefs d’entreprise et de les assister à tous les niveaux ».

SAM_0237Parmi les créateurs d’entreprises présents, Neira Khouaja, une artisane, spécialisée dans le recyclage des vieilles pièces qu’elle transforme en articles destinés en grande partie à l’exportation :  « Pour exporter, il faut exposer à l’étranger, aux États-Unis et en France et j’arrive à exporter  vers un grand nombre de pays ». Quant aux problèmes liés à l’exportation, en prenant l’exemple du marché américain,  où elle explique “ J’exporte des moutons en bois, ils sont volumineux et si je les exporte par voie maritime, il me faut produire une grande quantité. Mais par le biais de Rapid-poste, le produit revient plus cher puisque pour un mouton qui coûte 300 dollars, je dois débourser 100 dollars de plus de frais de transport. Ce n’est pas le cas pour l’Europe puisque l’exportation revient  moins cher, avec la poste classique, mais cela demande plus de temps ».

De son côté, Ridha Lahouel, ministre du Transport,  a évoqué dans son intervention le budget de l’exportation des  produits et services qui s’élève à  2.250 millions de dinars et intéresse 1000 entreprises. “Nous avons des opportunités qui nous permettent d’exporter nos produits, en particulier sur le marché subsaharien, un marché non encore exploité. »

Une autre présence marquante lors de ce colloque, celle de  l’ambassadeur  de la République d’Indonésie, Ronny Prasetyo Yuliantoro, rencontré à cette occasion et  qui, interviewé par leconomistemaghrebin.com, décrit la Tunisie comme un pays sur le bon chemin en termes de démocratie.

Quant à la coopération entre les deux pays, il a déclaré que : « Consolider la coopération entre les deux pays est l’une de nos priorités. Dans notre stratégie gouvernementale, nous essayons de développer l’exportation »,  soulignant que les  produits en provenance de la Tunisie demeurent plus chers, et ceci est dû principalement aux frais de la taxe, qui demeurent élevés. Et d’ajouter « avec le gouvernement tunisien, nous  étudions ensemble quels sont les produits pour lesquels nous pouvons réduire les taxes ». Il a cité notamment les dattes  que l’Indonésie importe de Tunisie soit  13  à  14 % du produit tunisien exporté.

Pour ce qui concerne le secteur du tourisme,  c’est un secteur non encore bien exploité puisque seulement 8% de Tunisiens qui voyagent choisissent la destination Indonésie alors que les Indonésiens voyagent plus souvent en Arabie Saoudite ou vers d’autres pays.

Pour y remédier il faut promouvoir le tourisme culturel, artisanal ou à travers l’organisation des colloques de ce genre pour inciter les chefs d’entreprise indonésiens à venir en Tunisie, comme ce fut le cas des femmes entrepreneurs indonésiennes et tunisiennes, ce qui aidera à renforcer la coopération entre les deux parties, a-t-il ajouté.

Il a fait savoir, en conclusion, qu’ une association a été créée en Indonésie il y a un an sous le nom « Tunisian Indonesian Business Association » (TIBA).

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