Tunis – ARP : Le Front Populaire présidera-t-il la commission des Finances?

La présidence de la commission des Finances au sein de l’ARP pose problème. Elle devrait être attribuée à l’opposition. La polémique est liée à l’article 60 de la nouvelle Constitution.

Interpellé par leconomistemaghrebin.com sur ce sujet, le député du Front Populaire Mongi Rahoui a affirmé que c’est à l’ opposition que doit revenir ce rôle, notamment le Front Populaire, qui fait partie de l’opposition, et ce, conformément au décret loi 46. Et d’ajouter que la formation d’un bloc d’ opposition dépend aussi des députés indépendants.

M. Rahoui a précisé que la notion d’ opposition peut être définie par trois critères, à savoir :

  • Un dépôt de candidature pour faire partie de l’ opposition;
  • Un bloc qui n’accorde pas le vote de confiance au gouvernement et qui ne fait pas partie du gouvernement;
  • Ou encore des députés qui n’appartiennent à aucun parti.

Il a mentionné que ce type d’alliance n’est guère particulière pour le FP, et ce, du moment que cela s’est produit auparavant avec les mêmes blocs. Selon M. Rahoui, le FP est le parti le plus représentatif de l’ opposition, en termes de membres élus. La constitution d’autres blocs, qui pourraient s’allier et constituer une alternative d’ opposition au FP « est plus grave, si ce bloc a l’accord ; nous nous dirigerons vers une nouvelle dictature« . Et de continuer : « Je tiens à préciser que le Front Populaire n’a pas l’intention de rester inactif. Nous serons de tous les combats dans lesquels le parti exercera son droit au sein de cette commission”.

Par ailleurs, le député du Front Populaire a tiré la sonnette d’alarme sur ce qui se passe à l’ARP.  Selon lui les relents de l’ancien régime sont encore présents, que ce soit au sein des deux partis que sont Nidaa Tounes et Ennahdha, qu’au sein de ceux qui s’allient avec eux.

Toutefois, le député du bloc démocratique, Iyed Dahmani, a nié l’existence d’un complot contre le Front Populaire, pécisant que l’ opposition inclut également les blocs des indépendants . Selon lui, conformément à l’article 60 de la Constitution, la présidence de la commission des Finances devrait être attribuée au groupe qui représente la majorité de l’ opposition. Il ajoute : « Cela n’est pas normal qu’une minorité de l’ opposition la préside. D’un autre côté, nous n’avons pas postulé. Ce que nous demandons c’est qu’une majorité de l’ opposition soit représentée pour présider la commission des Finances ».

Notons que l’article 60 de la Constitution stipule que « l’ opposition est une composante essentielle de l’Assemblée des représentants du peuple. Elle a des droits lui permettant d’accomplir ses missions dans le cadre du travail parlementaire et lui garantissant la représentativité adéquate dans les structures et activités de l’Assemblée, et ce, sur les plans intérieur et extérieur. Parmi ces droits, il lui est obligatoirement accordé la présidence de la commission des Finances et le poste de rapporteur au sein de la commission des Relations extérieures. Elle dispose également du droitde créer et de présider tous les ans une commission d’enquête. Elle a, entre autres, le devoir de participer activement et constructivement au travail parlementaire. »

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