UMA : un anniversaire pas comme les autres

26 ans nous séparent du 17 février 1989, date de la création officielle de l’UMA. Ce 26ème anniversaire de la création de l’UMA intervient dans un contexte déplorable pour la Libye rien que de voir les récents événements qui se passent sur la frontière tuniso – libyenne : l’exécution des 21 ressortissants égyptiens par des membres de l’organisation sanguinaire Daech, l’attaque aérienne menée par l’armée égyptienne comme riposte sur des bases du groupuscule terroriste en Libye. Toute cette situation chaotique a déjà obligé l’Armée nationale à se déployer sur les frontières afin de les sécuriser. Ce 26ème anniversaire de la fondation de l’Union du Maghreb Arabe arrive dans un contexte bien morose. Le Maghreb est aujourd’hui à l’épreuve du terrorisme.

En 1989, militants, étudiants et membres de la société civile en rêvaient et pensaient que la première démarche à suivre après l’indépendance de leur pays serait  la création de l’Union du Grand Maghreb pour faire face aux autres forces politiques présentes sur la scène internationale. À l’époque, pour désigner l’UMA, les militants utilisaient l’expression «  un rêve qui a bercé toute une génération ».  Mustapha Filali, syndicaliste et homme politique sous Bourguiba et Ben Ali, estime que si les pays européens ont pu malgré leurs différences politiques, religieuses et linguistiques ( huit langues) les surpasser, que dire des pays du Maghreb Arabe dont la seule langue est l’arabe, la religion principale l’Islam ?

Que de pertes à cause de la non-activation de l’UMA !

La première des pertes est économique car  l’activation de l’UMA aurait pu générer une forte croissance. Et pour cause, l’unification des pays du Maghreb équivaut à  un marché de 300 millions d’habitants, alléchant pour des investisseurs potentiels. Pour Mustapha Tlili, de la Confédération syndicale internationale, la concrétisation de l’Union maghrébine n’est qu’une affaire technique. Il suffit que les présidents des pays maghrébins s’arment de volonté pour activer l’Union en chargeant des experts en économie et en stratégie d’élaborer un plan pour une zone de libre-échange ou un marché commun. Pour quelles raisons les présidents des pays du Maghreb refusent d’activer l’UMA ? A cette question le spécialiste estime que l’expérience a démontré que les présidents de ces pays sont attachés au pouvoir, au pouvoir politique surtout, alors qu’appartenir à l’Union voudrait dire faire des concessions sur un certain nombre de prérogatives au profit d’un pouvoir supranational. La concrétisation de l’UMA aurait facilité le réglement politique de crises comme en Libye, estime de son côté Noureddine Hached, le syndicaliste et ancien ambassadeur de  Tunisie en Algérie. Cependant cet ancien diplomate demeure sceptique sur la question : « En 1984, alors que j’étais encore ambassadeur en Algérie, on m’a posé la question sur la possibilité de l’unification des pays du Maghreb et j’ai répondu que pour cela, il fallait enfermer tous les présidents des pays maghrébins dans une pièce, d’où ils ne pourraient sortir qu’après avoir atteint un accord », ironise-t-il.

En définitive, pour faire bouger les choses dans le bon sens, la société civile des pays du Maghreb devrait prendre en main la question de l’UMA, en sensibilisant la jeunesse pour qu’elle devienne la priorité des priorités des peuples concernés et pour que leurs dirigeants respectifs acceptent sa concrétisation dans un avenir proche. Il y va de l’intérêt de tout le Maghreb réuni et surtout de sa jeunesse qui rêve d’un monde meilleur mais qui se retrouve coincée entre l’Europe qui lui refuse l’accès et la menace terroriste.

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