Tunisie : L’avis des parents

suspension des cours

Le secteur de l’enseignement n’a pas été épargné par les grèves et s’est trouvé sous l’emprise des revendications syndicales et des promesses du ministère de l’Education.

Tous les intervenants du secteur crient sur tous les toits qu’ils interviennent dans l’intérêt des élèves et que la grève n’entravera pas le bon déroulement des cours. Cependant les parents d’élèves voient la situation autrement. Nous le savons d’ailleurs, un parent d’élève n’est pas dans la peau d’un syndicaliste ou d’un enseignant pour comprendre l’étendue du problème. Il n’a qu’un seul souci : assurer une bonne éducation et une formation de qualité à son enfant, loin de tout absentéisme des élèves ou des enseignants. Avec le deuxième préavis de grève du syndicat de base de l’enseignement secondaire, lancé pour les 17 et 18 février, les inquiétudes des parents pourraient atteindre leur paroxysme. D’ailleurs la grève des 17 et 18 février est la troisième action de grève en presque un mois. Elle a été précédée par deux autres grèves : la grève du 5 janvier et la grève du 21 et 22 janvier. Notons que le taux de participation à la grève du 21 et 22 janvier a atteint 98%, selon le secrétaire général du syndicat général de l’enseignement secondaire, Lassad Yaacoubi. Ce qui nous amène à dire que la grève demeure un moyen de pression redoutable. A l’heure de la publication de cet article, Néji Jelloul, le ministre de l’Éducation a déclaré sur les ondes de Mosaïque Fm que pour le moment aucun accord avec les syndicalistes n’a été trouvé.

Ainsi nous pouvons parler d’une véritable spirale continue de grèves

Hajer porte deux casquettes : elle est à la fois enseignante et mère de deux élèves. Répondant à notre question, elle a avoué qu’il n’est pas aisé pour elle de trancher, d’une part ses enfants seront privés de cours, mais d’autre part elle est convaincue de l’importance de la grève comme moyen de lutte et de pression pour la satisfaction des revendications des grévistes. Notre interlocutrice semble avoir trouvée une solution : «  Je peux aider mes enfants à rattraper leur retard étant donné que j’ai une certaine idée sur le programme, par ailleurs ils suivent des cours particulier ».  « Espérons que le ministère et le syndicat trouvent un arrangement afin de remettre les choses dans l’ordre » conclut-elle.

Plus loin nous rencontrons Brahim, fonctionnaire à la retraite. A peine a-t-il compris le motif de notre question qu’il pousse un soupir et commence à gesticuler : « Que les enseignants aient des revendications est une chose, mais que les élèves se retrouvent entre ces tractations syndicalistes en est une autre ». Et de continuer : « J’ai deux filles et deux garçons au lycée secondaire et figurez-vous  qu’ils vont être privés des cours à cause de cette grève !!! » s’indigne-t-il. « Sincèrement cela n’enchante personne  ».  Interrogé sur  le rattrapage des cours ratés, notre interlocuteur avoue qu’il essayera d’aider ses enfants à préparer leurs cours mais qu’il n’arrive pas à se débrouiller : « Je dois aider trois enfants de niveaux différents et ce n’est pas évident du tout, à moins de recourir aux cours particuliers, or je n’ai pas les moyens de le faire », regrette-t-il.

Zouheir, fonctionnaire dans une administration publique, incarne le type du père rigoureux qui aspire à une bonne éducation pour ses enfants, voire à l’excellence.  Zouheir suit bien l’actualité et à notre grande surprise, il s’est avéré  informé sur les revendications des grévistes et des rebondissements de l’histoire. «  Je prends très au sérieux cette histoire de professeur qui font la grève surtout que l’un de mes fils passera le Bac cette année », dit-t-il d’un air inquiet, mais « je me demande vraiment si derrière cette grève ne se cache pas la volonté des professeurs de réformer l’enseignement, lutter contre la violence à leur encontre, ou c’est juste un moyen pour présenter des revendications salariales ni plus ni moins. ». Et de conclure d’un air résigné : «  Nous verrons la suite, en attendant mon fils doit se débrouiller tout seul pour les cours qu’il va rater à cause de la grève ».

Boutheina, secrétaire dans un établissement universitaire nous a confié que depuis que le feuilleton de la grève des enseignants a commencé, elle ne sait plus à quel saint se vouer et à quel remède recourir : « Mes enfants s’inquiètent et craignent une année blanche. Même la révision devient pénible pour eux, car ils estiment que le spectre de l’année blanche les guettent » dit-elle.

Certes le droit à la grève est garanti par la nouvelle constitution tunisienne, cependant les enseignants grévistes devraient prendre en considération du programme chargé à terminer avant le début de la période de révision, en outre la grève ne doit pas être un prétexte pour bâcler les cours, ce qui entraînerait des lacunes chez les élèves ; et qu’au-delà de leurs revendications, ils détiennent entre leurs mains l’avenir d’une nouvelle génération.

 

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