Sécurité : « M. Gharssalli, soyez plus audacieux que M. Ben Jeddou ! »

En Tunisie l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi est encore d’actualité. La Tunisie a commémoré aujourd’hui le deuxième anniversaire de l’assassinat du militant Chokri Belaïd.  Ce qui est encore surprenant dans cette affaire, c’ est que les commanditaires de ce crime ne sont pas encore connus.

D’un flou artistique à un autre, il semble que cette affaire est devenue le casse-tête de tous les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé à ce ministère régalien. D’Ali Laarayadh à Lotfi Ben Jeddou, aucun de ces deux ministres n’a pu dévoiler les dessous  de cette affaire. C’était l’échec total. Après plusieurs mois à la tête du ministère de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou ira se reposer en famille, mais ce ne sera pas le cas des familles Belaïd et Brahmi qui n’ont pas  fini  de se tourmenter à la recherche de la vérité sur l’assassinat de leur père. Une question agite encore l’opinion publique en Tunisie : Qui a tué Belaïd et Brahmi ?

Rappelons que Kalthoum Kannou, ancienne présidente de l’Association des magistrats tunisiens, n’a pas caché, à maintes reprises, ses réserves quant à la nomination de  Mohamed Najem Gharsalli.

« Beaucoup de Tunisiens auraient pu être au ministère de l’Intérieur, ce qui nous aurait évité  cette polémique. Nous savons tous que réformer le ministère de l’Intérieur peut faire avancer le pays, tandis que l’endommager davantage peut faire reculer le pays », a déclaré Mohamed Abbou, chef du Courant démocratique, sur les ondes de  radio Shems Fm.

Interpellée par leconomistemaghrebin.com sur la nomination de M. Gharsalli au poste de ministre de l’Intérieur, Bessma Belaïd, la veuve  de feu Chokri Belaïd, n’a pas caché elle aussi ses réserves sur cette nomination. « … ceci ne m’empêche pas d’être méfiante quant à certaines nominations, en particulier celle du ministre de l’Intérieur », a-t-elle affirmé.

Mbarka Brahmi, veuve de Mohamed Brahmi, assassiné le 25 juillet 2013 devant son domicile et députée du Front Populaire, a affirmé, quant à elle, qu’elle ne peut confier la sécurité des Tunisiens à Mohamed Najem Gharsalli, et ce, lors de son intervention, le 4 février, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) dans le cadre du vote de confiance au gouvernement Essid.

Malgré ces critiques et ces réserves, le chef du Gouvernement Habib Essid a choisi Mohamed Najem Gharsalli à la tête du ministère de l’Intérieur. Le gouvernement Essid a obtenu hier la confiance des 166 députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP)  et M. Gharsalli est officiellement ministre de l’Intérieur.

L’affaire des assassinats des figures politiques a été aussi au cœur des campagnes électorales des élections législatives et présidentielles. Tous  les hommes politiques ou presque se sont engagés à en dévoiler  la vérité. Le nouveau chef du Gouvernement avait lui-même, lors de son discours devant les députés de l’ARP le jour du vote de confiance au gouvernement, ajouté cette affaire au dossier sécuritaire tou deux inclus dans les priorités du gouvernement.

Si Lotfi Ben Jeddou, lui-même menacé de mort et cible d’une tentative d’assassinat devant son domicile, avait manqué d’audace ou d’éléments qui lui ont échappé pour recomposer ce puzzle, la balle est maintenant  dans le camp du nouveau ministre de l’Intérieur qui a le devoir moral d’aller au fond des choses, et ce, au vu des engagements pris par le chef du Gouvernement et le Président de la République.

Il faut que le nouveau ministre de l’Intérieur fasse preuve d’audace pour pouvoir lever le voile sur ce mystère. Un grand chantier à mener certes où la fermeté sera de rigueur, et une lourde responsabilité à assumer. Sans oublier comment faire face au danger que représente le retour de nos djihadistes de Syrie et d’Irak. Il faudra au besoin tout révolutionner, nous le devons pour le repos des âmes de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

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