Le petit bémol à ce gouvernement est d’avoir fait participer l’UPL

L’ancien porte-parole du parti Ettakatol, Mohamed Bennour,  s’est exprimé auprès de leconomistemaghrebin.com, hier, lundi 2 février après l’annonce de la nouvelle composition du gouvernement Essid.

leconomistemaghrebin.com : Que pensez-vous de la nouvelle composition gouvernementale?

Mohamed Bennour : Nous nous trouvons dans un régime semi-parlementaire, avec une majorité stable, dans lequel nous avons besoin d’un gouvernement qui dispose d’une majorité confortable. Le chef du Gouvernement Habib Essid a fait appel à plusieurs partis y compris le nôtre. Nous lui avons exprimé des réserves concernant le parti de l’Union Patriotique Libre ( UPL ). L’attente est grande. La composition du nouveau gouvernement prouve qu’il a opté pour une stabilité solide.

Par ailleurs, les faits ont confirmé que pour les partis qui ont fait leur campagne sur l’exclusion d’Ennahdha, cette option s’est avérée irréaliste. Et ce n’est pas Ettakatol qui va reprocher à Habib Essid de faire participer Ennahdha.

– Que pensez-vous de la coalition entre Nidaa Tounes et Ennahdha ?

C’est une coalition comme la Troika. Et  je pense que Habib Essid rencontrera des opposants au sein de Nidaa Tounes qui ne sont pas du même avis.

– Cette composition sera-t-elle soutenue au sein de l’Assemblée des représentants du peuple?

Je pense que oui. Rappelez-vous qu’Ettakatol, suite aux  élections de 2011, a opté pour un gouvernent composé de trois partis Ennahdha, Ettakatol et le CPR ; on  n’aurait pas pu gouverner sans cette coalition.

Aujourd’hui, nous ne serions pas là sans cette coalition qui a adopté la nouvelle Constitution, les lois et organisé les élections. Voilà ce que nous avons  apporté sur la scène politique. Nous avons un président de la République élu, un gouvernement qui aura une période stable et ceci grâce à la Troïka, et il en sera de même pour ce gouvernement.

Le seul petit bémol à cette nouvelle coalition est d’avoir fait participer l’UPL ( Union patriotique libre). En effet, le président de ce parti appartenait à l’entourage de Gueddafi et l’origine de ses ressources financières pose plusieurs interrogations. Moi-même j’ai exprimé beaucoup de réserves à ce propos durant les discussions que j’ai eues avec le chef du Gouvernement.

– Considériez-vous que vous faîtes partie de l’opposition ? 

Nous nous ne faisons pas partie de l’opposition, nous serons vigilants quant au respect de la Constitution, à la réalisation des objectifs de la Révolution. Nous espérons que ce gouvernement réussira et nous n’avons pas l’intention de lui mettre les bâtons dans les roues.

– Selon vous, quelles sont les attentes des Tunisiens concernant le gouvernement ?

Les attentes que nous trouvons extrêmement urgentes sont l’emploi, le développement et la sécurité.

– Le Front Populaire a dit qu’il serait dans l’opposition, quel est votre avis ?

Oui, ce n’est pas surprenant du moment qu’il n’a pas participé au gouvernement. Mais le Front Populaire a soutenu de toutes ses forces Nidaa Tounes durant sa campagne électorale.  Cette attitude n’est pas conséquente, le Front Populaire est associé et devra assumer une grande responsabilité quant au retour des anciens du RCD au sein de Nidaa Tounes. Il s’agit d’un paradoxe du FP que nous ne comprenons pas.

– Avec le recul, quelle décision auriez-vous pris ?

Nous avons certes commis quelques erreurs, tout parti au pouvoir n’en est pas à l’abri. L’essentiel selon nous est que la Constitution a été approuvée par tout le monde, les  partis politiques, la société civile et l’opinion publique. Et nous sommes arrivés à la fin d’une période de transition qui a été une réussite. Et ceci grâce aussi à nos choix.

– Que pensez-vous du ministre de l’Intérieur ?

No comment ! Pour nous ce qui est le plus grave, c’est la participation de l’Union Patriotique Libre à ce gouvernement.

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