Tunisair : la gazelle se nourrit encore au pain noir

Tunisair vient de publier ses chiffres d’exploitation pour l’année 2014. Au-delà de la ransparence qui caractérise l’activité de la société grâce à ses publications, il est toutefois des éléments  inquiétants, révélateurs d’un manque de performance de la compagnie étendard de notre pays. Et pour cause ! Certains chiffres sont en deçà de toute logique de performance. Ainsi si globalement le nombre de passagers a baissé de 5% entre décembre 2013 et décembre 2014, le nombre de passagers réguliers a lui baissé de 7% sachant que le gain substantiel, pour Tunisair, se fait sur ce marché. Plus inquiétants, le nombre de sièges offerts a, lui,  également baissé de 3,5% permettant, au passage,  une amélioration toute faciale des  coefficients de remplissage et de chargement de respectivement 1,3 points et de près de 4 points.

Ces  deux derniers indicateurs sont donc à prendre avec toutes réserves. Toujours dans le chapitre baisse, la part de marché de Tunisair a perdu près de 40 points de base s’établissant à 33,7%, confirmant, de ce fait, les chiffres sur le retrait du nombre de passagers. Enfin, parmi tous les chiffres  communiqués par la compagnie, il y a deux  qui donnent la mesure de toute l’ampleur de la situation de Tunisair. Le premier a trait au fait que la compagnie nationale fait voler en moyenne 7,6 heures ses 32 avions dont 4 sont en leasing. C’est ahurissant. L’objectif d’augmentation des heures de vol  par avion et par jour devrait être une des priorités sur la période 2015 et 2016 sachant que cela appellerait probablement à un recentrage stratégique sur certaines destinations  car il est anormal qu’un avion acheté à coups de centaines  de millions de dinars reste 16 heures par jour au chaud. Le second point a trait, lui, à la qualité des services avec un taux de ponctualité  qui  gagne en 2014  un point de pourcentage mais reste  au niveau extrêmement faible de 52%

Pour ce qui est  des flux, l’activité régulière de Tunisair continue de concentrer 85% des recettes de la compagnie ; le charter  pèlerinage  n’accaparant qu’environ 12,5%. Cela traduit le peu de diversité des ressources de Tunisair lié, entre autres, au type d’avion exploité par la compagnie. Les charges salariales, quant à elles, même si elles sont restées stables, n’en  continuent pas moins de plomber  plus de 15 % des recettes  de la société avec un salaire brut moyen en 2014 de plus de 43 mille dinars, se situant ainsi dans la tranche très élevée des salaires des entreprises publiques ou privées. Les charges salariales ont même réussi, en 2014, à se situer à plus de 53% du coût du carburant ( !).

Ce sont-là les quelques chiffres de Tunisair pour l’année 2014 qui sera encore une  année de pain noir compte tenu de l’absence d’un plan d’assainissement effectif d’une société qui était dans une situation bien meilleure en 2010.

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