Tunisie : Retour des «césariennes» de la Troika ?

Est-ce que la période qui s’est ouverte depuis le 22 décembre dernier au lendemain de l’élection de BCE à la magistrature suprême, est une répétition de celle qui a accompagné les différents accouchements des gouvernements de feu  la Troika ? C’est l’une des questions que commence à se poser l’électorat de Nidaa Tounes des dernières élections législatives, tant la rumeur ne cesse d’enfler sur des désaccords profonds quant aux noms et aux postes à pourvoir. Bien sûr, personne ne reconnait cela, que ce soit à Nidaa ou chez les partis intéressés par les alliances de gouvernance. Néanmoins, les choses sont en l’état et la négation d’un problème n’a, heureusement ou malheureusement, pas  le pouvoir de  le dissoudre. Les échos qui  nous parviennent semblent aller dans ce sens et rajouter de l’huile sur le feu, avec des noms et des contre-noms, alors que le gouvernement sortant est déjà dans une logique de préparation des cartons. Sans rien révéler,  il est indéniable que des avancées qui seront faites dans les toutes prochaines heures dépendront le sentiment et l’image, au moins dans une première phase, qui seront portés sur Nidaa.

Aujourd’hui, Nidaa doit prendre ses responsabilités et afficher ses choix pour clore très rapidement le chapitre des consultations et des ouvertures. Le parti a été élu pour gouverner et il est évident qu’il devra le faire, que ce soit sous l’égide d’un chef de gouvernement issu du parti, ou d’une personnalité externe qui aurait, elle aussi, été choisie par le parti bénéficiant, de surcroît, d’un large consensus. Quelque soit le nom, les choses doivent aller vite, car les chantiers à traiter sont importants et les problèmes compliqués.

Le niveau atone de la croissance économique,  le déficit commercial, la sécurité, le terrorisme, le développement régional, l’équité fiscale, le budget de l’Etat, le problème des entreprises publiques, le chômage, la pauvreté et bien d’autres sujets sont sur la table depuis si longtemps qu’il est impérieux d’élaborer un plan de sortie, au risque de se mesurer aux mêmes causes qui produisent  les mêmes effets.

Voilà Nidaa averti, lui qui se projette comme le parti du modèle sociétal tunisien. Sans réactions rapides et des initiatives claires, les cas d’Ettakatol, du CPR et d’Al Joumhouri sont encore trop vivaces pour ne pas s’imposer dans la pensée des dirigeants du parti et de celui de son électorat. Par ailleurs, il est du devoir de Nidaa Tounes  de montrer qu’il ne surfe pas uniquement sur la vague BCE et qu’il est à même de gouverner. Objectif final de toute activité partisane.

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