Nidaa Tounes entre le marteau et l’enclume : Ennahdha ou le Front populaire ?

Certes Habib Essid est désormais le Chef du gouvernement, mais la formation de son gouvernement– il faut le reconnaître- lui échappe en large partie, pour ne pas dire amplement. Va-t-il s’agir d’un gouvernement pluriel composé d’une coalition contre nature à l’instar de la Troïka ? Fort probable ! D’ailleurs, c’est là où l’esprit constitutionnel de notre régime semi-parlementaire prend tout son sens. Monsieur Essid va donc user de tout son talent de communicateur pour réussir ses pirouettes politiques et ses acrobaties diplomatiques.

Néanmoins, Nidaa Tounes reste, aux yeux des citoyens, le premier responsable  des orientations sociopolitiques et socioéconomiques engagées. D’où le dilemme des dirigeants de ce mouvement et à leur tête le fondateur du parti : Monsieur Béji Caïd Essebsi.

Le casse-tête !

Faire alliance avec Ennahdha est un non-sens! Nidaa, même si ses principes économiques (le paradigme libéral) se rapprochent de ceux des conservateurs- si tant est qu’il y en ait-, a des divergences sur le plan sociétal flagrantes. Une telle coalition est donc impensable, contre nature !

Aussi, il reste le Front populaire! La problématique se pose à l’envers : convergence sociétale/divergence économique ! Les exigences sociales de Hamma Hammami et ses camardes vont à l’encontre de l’esprit du programme économique de Nidaa.

Le Front doit-il ne pas intégrer pour autant le gouvernement ?

Au contraire, le Front populaire doit intégrer le prochain gouvernement et ceci pour au moins deux raisons fondamentales :

  1. Imposer son point de vue et ses analyses;
  2. Consolider son image auprès de beaucoup de citoyens, car une expérience d’une telle envergure est fortement appréciable auprès du corps électoral.

En effet, rester constamment dans l’opposition en refusant de prendre des responsabilités gouvernementales est désormais préjudiciable! Le FP doit être à la hauteur de sa responsabilité historique et de la confiance que le peuple lui a accordée!  Autrement, il risque de se désagréger ! Le refus de Néjib Echebbi d’intégrer la troïka lui a coûté cher, très cher !

H. Hammami doit faire le pas et engager la responsabilité de son parti dans la gestion du pays tout en marquant, à la différence de Mustapha Ben Jaafar, ses différences et ses distances avec les orientations non conforment à sa doctrine. Quitte à cohabiter avec Ennahdha : les camardes de Hamma doivent apprendre à dominer leurs ressentis.

Il faut prendre le risque de l’échec d’une telle expérience ! Le Front peut à tout moment se retirer de la coalition pour marquer sa désapprobation. Ceci ne le fera que grandir auprès de ses sympathisants et au-delà !

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