Ebola : des méthodes désuètes pour en finir ?

2014 touche à sa fin, une année qui a connu une épidémie d’ Ebola sans précédent. A l’heure actuelle, et en l’absence de traitement efficace, la recherche se tourne désormais vers une méthode depuis fort longtemps rejetée aux oubliettes : transfuser les patients atteints de la maladie avec un plasma sanguin fourni par des survivants, qui contient des anticorps contre le virus.

Ce plasma, appelé sérum de convalescence, a été testé au cours des dernières semaines au Liberia, de même que des essais cliniques seront bientôt entamés en Guinée et en Sierra Leone. S’il s’avère que cette méthode sauve des vies, celle-ci pourrait rapidement être appliquée à grande échelle.

Dans le cas où ils sont disponibles, les médicaments et les vaccins sont généralement une meilleure option. Plus faciles à produire en masse et à administrer, les médicaments ainsi que les vaccins présentent l’avantage d’un meilleur contrôle de leur qualité et de leur dosage. L’administration du sérum de convalescence quant à elle exige la collecte de sang de survivants, le dépistage d’éventuels agents pathogènes puis l’organisation de la transfusion des patients. De même que la standardisation des lots de plasma est compliquée à réaliser, compte tenu du fait que les niveaux d’anticorps dans le sang peuvent varier considérablement, d’une personne à une autre.

Dans le contexte de l’épidémie d’ Ebola, le développement d’un médicament efficace pourrait prendre plusieurs années. Vu l’urgence de la situation, « le sérum de convalescent est l’une des rares options de traitement, qui pourrait rapidement devenir opérationnelle», explique Calum Semple, pédiatre et virologue à l’Université de Liverpool, au Royaume-Uni. Il souligne que cette méthode est souvent considérée comme désuète et sans intérêt, et pour cause elle ne génère que très peu de profits sur le plan financier et ne présente qu’un faible enjeu dans le domaine de la recherche scientifique. « Le sérum de convalescence n’est pas attrayant pour l’industrie pharmaceutique, ni même la recherche moderne », ajoute-t-il.

Les résultats des premiers essais cliniques portant sur la sécurité et l’efficacité de la méthode en Afrique de l’Ouest sont attendus dans les prochaines semaines. Si la thérapie prouve son efficacité, des milliers de survivants de la maladie d’ Ebola seront envisagés comme de potentiels donateurs, chacun capable de donner jusqu’à un litre de sang toutes les deux semaines.

Cette méthode simple de traitement serait-elle la solution pour espérer une issue à l’épidémie d’ Ebola, en 2015 ? La réponse sera donnée dans les mois à venir.

 

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