Yasmine Hammamet renaît-elle de ses cendres ?

Dépeuplée, sauf  pour quelques touristes qui flânent par- ci par-là, Yasmine Hammamet n’offre pas un paysage des plus flatteurs à ses visiteurs. Il suffit de s’y promener, en groupe ou en solitaire, pour se rendre compte de cette réalité peu enchanteresse pour le tourisme tunisien et les opérateurs touristiques dans le contexte actuel. Cependant, hier 26 mars, dans l’un des hôtels de Yasmine Hammamet, une conférence de presse tenue pour annoncer le carnaval tuniso-maltais contrastait avec l’ambiance morose à l’extérieur de l’hôtel. Entre des propos prometteurs sur un carnaval prestigieux et une ville touristique quasi vide, des questions se posent… Face à une faible présence médiatique, la conférence de presse s’est tenue pour dévoiler les aspects du premier carnaval après la révolution. Inaugurant la conférence, Mme Besma Dorguham Zine Laabidine, la déléguée régionale de Yasmine Hammamet, a préféré commencé son intervention en insistant sur le rôle des médias dans la promotion de la Tunisie comme destination touristique. « J’espère que les médias assumeront leur rôle pour soutenir le carnaval », dit-elle. Et d’ajouter que le tourisme en Tunisie ne doit plus demeurer saisonnier. « Je préférerais parler d’année touristique plutôt que de saison touristique », explique-t-elle en précisant que le terme d’année touristique est synonyme de durabilité, contrairement à celui de saison touristique. Présentant le carnaval brièvement, Mme Zine Laabidine a expliqué que le but recherché est de raviver les traditions des carnavals jadis existants en Tunisie. A l’occasion de ce festival 1100 touristes maltais seront à Hammamet, parmi lesquels 620 artistes qui animeront le carnaval avec des artistes tunisiens. carnaval tuniso maltais - L'Economiste MaghrébinEnthousiaste et confiant à la fois, les traits de son visage mimant déjà son implication et la forte conviction de son initiative, tel était Reuben Vella Bray, directeur de l’agence de voyages maltaise  Sullivan & Sullivan, à l’initiative du projet. Pour lui, un carnaval pareil, dont les artisans sont des Tunisiens et des Maltais, trouve son origine dans les relations ancestrales qui lient les deux pays. « Plusieurs critères unissent ces deux peuples, comme le tempérament, la langue, la gastronomie », affirme-t-il. Ainsi, la tenue d’un carnaval pareil vient à point nommé, à un moment où Malte commence à se préparer à devenir Capitale européenne de la Culture en 2018.  Raviver le trafic entre la Tunisie et Malte est un autre objectif majeur d’après l’intervenant maltais. « Bien avant la révolution, il y avait un trafic considérable entre nos deux pays. Maintenant ce n’est plus la même chose et il faut relancer ce trafic touristique », estime-t-il. Noureddine Belhadj Ali, investisseur tunisien et propriétaire de l’espace touristique Parc de loisirs Chatt Ezzouhour, est l’un des partenaires du projet. D’ailleurs, il a prêté son espace et son groupe de musiciens gratuitement pour participer à l’animation du carnaval. Pour lui, il faut fouiller dans d’autres genres touristiques au lieu de s’attacher au tourisme traditionnel. « Il est nécessaire de nos jours de s’ouvrir sur le tourisme alternatif, autrement dit, le tourisme culturel, le tourisme des congrès et autres », propose-t-il. Il  affirme que le tourisme alternatif, lui aussi a son propre potentiel pour créer une dynamique dans les villes touristiques. L’homme d’affaires tunisien a regretté le nombre minime de festivals capables d’attirer les touristes toutes tendances confondues. « La ville de Marrakech à elle seule offre chaque année entre 22 et 25 festivals, ce qui n’est pas malheureusement le cas de la Tunisie », regrette-t-il. Enfin, M. Hédi Boudhina, président de l’Association régionale de l’environnement touristique du Cap Bon, a évoqué le problème de l’environnement et celui de la communication. Pour lui, un environnement propre est propice à ce genre de carnaval et « pour cette raison, deux campagnes de propreté ont précédé le carnaval, afin que la ville s’ y prépare convenablement ». Revenant sur le problème de la communication, il a déclaré que parmi les failles dans l’organisation de ce genre d’événement, il y a « le faible montant alloué aux campagnes de communication, leur courte durée et leur commencement tardif, paramètres qui empêchent souvent la vulgarisation de l’événement »; et d’ajouter que la responsabilité est collective, se partageant entre responsables de communication d’une part et médias, d’autre part.

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