Syndicats : Les « tensions » vont-elles perdurer ?

Trois enjeux risquent de rendre les relations entre syndicats ouvriers encore plus difficiles. La direction de l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail)  a été accusée, en février 2011,  par la CGTT (Confédération Générale Tunisienne du Travail) de « compromission avec le régime de Ben Ali ». La CGTT n’a pas, par ailleurs, manqué d’affirmer, le 2 mars 2012, au cours d’une réunion tenue à Sousse,  que « certains leaders de l’UGTT et le gouvernement » veulent « saboter l’action de la CGTT ».

Certains veulent y voir là un exemple supplémentaire des « tensions » entre les syndicats ouvriers. Qui ont commencé bien avant le récent épisode entre l’UGTT et l’OTT. Une situation à laquelle il fallait, aux dires de certains observateurs,  s’attendre vu les enjeux.

D’abord, l’audience. On sait que jouer à qui mieux mieux en matière notamment de défense des intérêts des travailleurs pourrait permettre d’attirer des adhérents. Notamment une partie des quelque 750 000 adhérents que l’on compte à l’UGTT.

Deuxième enjeu, et de taille, le prélèvement des cotisations. Pas plus tard que début mars 2014, l’UTT menaçait de porter plainte contre l’Organisation Internationale du Travail (OIT) si le gouvernement n’accédait pas à sa demande. Et c’est de bonne guerre.

Des syndicats « adossés » à des partis

Enfin, une conquête de l’espace politique qui peut du reste se révéler un tant  soit peu plausible en cette période de transition politique. On pourrait en effet vouloir ou penser pouvoir user du travail syndical pour atteindre des objectifs politiques.

Autant dire que tout porte à croire que ces « tensions » entre syndicats risquent de perdurer. Jusqu’à ce que le paysage syndical se structure durablement. On sait, ici comme ailleurs, que la révolution du 14 janvier 2011 a été un séisme synonyme de beaucoup de recompositions.

Dans la mesure où le pluralisme syndical n’est pas un crime. Bien au contraire. Le vécu de pays situés dans notre environnement le montre bien. A commencer par la France où l’existence de nombreux syndicats qu’ils soient nationaux et « à large spectre » ou sectoriels (cadres, personnel enseignant,…) n’a pas nui aux intérêts des salariés.

Au Maroc, nombre de syndicats sont même « adossés » à des partis politiques. Le parti de l’Istiqlal a son syndicat, l’UGTM (Union Générale des Travailleurs du Maroc). Le secrétaire général de ce parti est d’ailleurs également secrétaire général de l’UGTM. L’USFP (Union Socialiste des Forces Populaires) a créé la CDT (Confédération Démocratique du Travail). Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) a créé l’USTL (Union des Syndicats des Travailleurs Libres). Et la liste est longue des syndicats « filiales » de partis politiques marocains.

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