« Le PPP pourrait donner des ailes aux jeunes promoteurs »

femme tunisienne L'Economiste Maghrébin

Le projet de loi 69-2012 portant création des contrats de partenariat entre le secteur public (PPP) et le secteur privé devrait permettre d’introduire de nouvelles modalités d’organisation de la commande publique. leconomistemaghrebin.com a rencontré Lobna Jribi membre de la Commission des finances, de planification et du développement relevant de l’ANC. 

leconomistemaghrebin.com : Que devrait, selon vous, privilégier le nouveau projet relatif au partenariat public-privé ?

Lobna Jribi : La loi relative au partenariat public-privé portant création des contrats de partenariat entre le secteur public et privé doit garantir la transparence et la bonne gouvernance. C’est pourquoi nous avons demandé qu’elle soit élaborée dans le cadre de lutte contre la corruption. Ce projet de loi doit aussi garantir, dans toutes les phases, le suivi des projets de partenariat public-privé. La Commission des finances, de planification et du développement veillera à intégrer toutes les garanties nécessaires pour faire face à toute forme de corruption.

Ce nouveau projet donnera-t-il la priorité aux jeunes promoteurs ?

J’étais jeune promoteur. Je sais ce que c’est que d’être jeune promoteur et exclu de certains marchés pour motif de manque d’expérience alors qu’un jeune promoteur pourrait être compétent et motivé et avoir un certain savoir-faire. Il y a d’un autre côté la question de la gestion des risques qui est un volet important dans ce type de projets de PPP. La gestion des risques est partagée entre les partenaires publics et privés, c’est pourquoi on demande une expérience importante. Il serait intéressant de faire des statistiques pour voir le degré d’échec des projets par rapport au nombre d’année d’expérience des entreprises. Je pense qu’on aurait de bonnes surprises pour les jeunes investisseurs !

Le projet de loi qui est soumis à la Commission des finances, de planification et du développement n’est pas descendu dans ces détails relatifs aux critères de sélection des partenaires privés. Il serait important d’aborder le volet lié au choix des jeunes promoteurs dès maintenant et d’éviter de recourir aux anciennes habitudes.

Le PPP pourrait donner des ailes aux jeunes promoteurs. La composante « financement » est aussi importante, mais les difficultés liées à ce volet pourraient être résolu avec les bailleurs de fonds.

Pensez-vous que les jeunes promoteurs sont aujourd’hui suffisamment outillés pour mener à bien de tels projets ?

Je pense que la Tunisie ne peut qu’encourager les jeunes à l’entrepreneuriat. S’agissant de l’emploi, on va, de plus en plus, se rendre compte que la solution est loin d’être le recrutement dans la Fonction publique qui eu un impact très lourd sur le déficit structurel et sur le budget de l’Etat, suite à l’augmentation du nombre des fonctionnaires. Il serait plus adapté, à mon avis, de penser en termes de productivité. Aujourd’hui, l’entrepreneuriat et les jeunes entrepreneurs tunisiens, fraîchement sortis des universités, doivent avoir un contexte réellement stimulant et encourageant pour se lancer dans des projets d’entrepreneuriat.

Toutefois, il y a ici un décalage important en matière de formation en amont. L’esprit d’entrepreneuriat n’a pas été suffisamment inculqué dans le cursus de formation. Il y a là, à mon avis, un travail important à faire, en matière d’identification des projets, d’accompagnement, de mise en œuvre de business plan et d’accès au financement.

Il y a aujourd’hui des acteurs importants sur le marché, mais il y a un vide à combler en ce qui concerne la liaison entre les universités, les centres de formation, les business angels… pour pousser nos jeunes à aller vers la création de leurs propres projets.

Il y a, malheureusement, un manque de success story de jeunes qui ont réussi dans leur business. Des success story d’entrepreneuriat pourraient stimuler les jeunes à prendre l’initiative. C’est une culture anglo-saxonne que nous avons énormément intérêt à inculquer à nos enfants et à nos jeunes étudiants à travers les différents médias.

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