L’entreprise, seule contre tous !

Il semble que la compétitivité de nos entreprises ne soit pas sur la liste des priorités des gouvernements post-révolution. Les résultats sont décevants et les cris des hommes d’affaires n’ont pas dépassé les périmètres des zones industrielles. Alors que les entreprises étrangères se préparent à nous envahir, l’économie tunisienne a un vrai problème de compétitivité !

La compétitivité d’une entreprise se mesure essentiellement par la qualité de ses produits et / ou ses services, sa capacité d’innovation et son degré de responsabilité sociale dans sa dimension environnementale et sociale.

Ce n’est pas tout. Le marketing, la cohésion sociale dans l’entreprise, le service après-vente, les modalités de paiement, les délais de livraison et la politique des prix sont aussi des facteurs importants pour la compétitivité d’une entreprise.

Qu’en est-il alors de la compétitivité des entreprises tunisiennes ?

Faire du business est-il devenu compliqué ? Depuis fin 2010 et jusqu’ici, la quasi-totalité des entreprises tunisiennes fait face à une situation difficile voire compliquée. Le climat des affaires s’aggrave d’une année à l’autre.

Selon une étude réalisée par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études compétitives (ITCEQ), qui a touché 1150 entreprises privées, la perception des chefs d’entreprise interrogés montre que le climat des affaires a été marqué par l’insécurité. Le financement bancaire, la fiscalité et les charges sociales sont les facteurs les plus défavorables pour faire des affaires en Tunisie. Selon les résultats de la même étude, en 2013, les cadres macroéconomique et réglementaire sont plus défavorables qu’en 2012. L’insécurité a poussé 47% des entreprises interrogées à ne pas réaliser des investissements et 7% à suspendre leurs activités.

31% des entreprises sondées considèrent la difficulté de l’accès au financement bancaire comme une contrainte majeure. Le taux d’intérêt, les garanties, les délais d’obtention des crédits bancaires, l’apport exigé par les banques… sont les principales défaillances observées par les chefs d’entreprise quant au financement bancaire.

S’agissant de la fiscalité et des charges sociales, malgré l’amélioration de la perception de l’impact des charges sociales sur les entreprises, le taux des entreprises qui estiment être handicapées par ces deux facteurs reste élevé. En 2013, 31% des entreprises interrogées estiment que la fiscalité et les charges sociales (taxes, impôts, cotisations patronales, TVA, textes réglementaires) sont des contraintes majeures pour les entreprises privées.

 Le système fiscal tunisien ne tend pas vers les quatre piliers de la fiscalité (efficience, équité, transparence et globalité), conclut l’étude de l’ITCEQ.

La réticence des entreprises à investir durant les deux dernières années s’explique essentiellement par la dégradation des principaux fondamentauxs de l’investissement, des cadres macroéconomique et réglementaire (taux de change, prix…) de plus en plus instables, des matières primaires carentes et l’aggravation des difficultés liées à l’approvisionnement…

Le ciel est devenu immuablement gris pour les entreprises privées qui livrent un combat difficile. Du coup, le nombre des entreprises privées qui accusent une baisse d’activité augmente d’une année à l’autre, ce qui a beaucoup impacté la performance de la production, du chiffre d’affaires et des exportations des entreprises. « Près d’une entreprise sur quatre a suspendu son activité au cours du premier semestre 2013 pour une durée moyenne de 29 jours », relève l’étude.

Tous ces changements dans le climat des affaires ont empêché les entreprises de faire des prévisions pour l’année en cours. Le manque de visibilité pour l’avenir s’est encore aggravé. Ce manque de visibilité sera certainement payé à moyen et à long terme en matière de création d’emplois et d’investissements. Seulement 37%  des entreprises interrogées estiment réaliser des investissements en 2014 !

Comment l’entreprise peut-elle survivre face à tous ces maux et faire face aux zones d’ombre ? L’avenir n’est pas tout tracé.

 

 

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