M.Jomaa : « Le pays emprunte pour consommer ! »

Dans une interview télévisée diffusée simultanément hier soir, lundi 3 mars, sur la 1er chaîne nationale et la chaîne privée Nessma TV, le chef du Gouvernement Mehdi Jomaa est longuement revenu sur la situation économique en Tunisie, en indiquant que son Gouvernement a commencé par diagnostiquer l’état des lieux, lequel diagnostic a démontré que la situation économique est compliquée mais pas désastreuse, et qu’elle pourrait devenir critique si les mesures nécessaires n’étaient pas prises à temps.

M. Jomaa a, d’autre part, souligné que durant ces trois dernières années, les investissements ont été bloqués et que le taux d’endettement a dépassé le taux de 50% du PIB. « Nous empruntons pour consommer », a-t-il déploré.

Et d’expliquer : les besoins de la Tunisie en prêts extérieurs se chiffrent à 12 milliards de dinars, soit entre quatre et cinq milliards de dinars de plus que les prévisions du budget 2014.

En ce qui concerne les subventions, Mehdi  Jomaa a souligné que le taux s’est aggravé de 270% par rapport à 2010.

Et d’ajouter que les dettes extérieures de la Tunisie ont dépassé les 23, 5 milliards de dinars, tous dédiés aux subventions et à la masse salariale.

M. Jomaa a annoncé, dans ce sens, que les citoyens seront appelés à financer les caisses de l’Etat par la souscription, et ce comme une nouvelle solution au déficit budgétaire, « il est nécessaire de trouver de nouvelles sources d’investissement pour permettre au pays de surmonter la crise de liquidités enregistrée depuis la révolution », a t-il averti.

Le chef du Gouvernement a également souligné qu’il n’y aura pas de recrutements dans la Fonction publique en 2014. Une décision justifiée par la crise économique que connait le pays et la dégradation de la situation des entreprises publiques. A la place, son gouvernement encourage la création des projets et accordera davantage d’importance à la micro-finance notamment au profit des jeunes prometteurs et entrepreneurs, afin de relancer l’économie du pays et créer de nouvelles sources d’investissement.

« L’amélioration de la situation économique nécessite un climat politique, une situation sécuritaire stable et une lutte acharnée contre la pauvreté, terreau de la violence et du terrorisme », dit-il.

Concernant les très controversées Ligues de Protection de la Révolution, Mehdi Jomaa a précisé que ces associations appartiennent à diverses catégories : celles qui ont des autorisations légales mais qui ne respectent pas la loi, celles légalement constituées mais qui n’existent pas réellement et enfin des personnes qui se prononcent au nom de ces ligues. « Personne n’est au-dessus de la loi et toute association qui viole la loi sera sanctionnée », a-t-il martelé.

 

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