Tunis – La colère s’empare du barreau

Les répliques de l’incident survenu, le 21 février au Palais de la  Justice de Tunis, entre des avocats et le juge d’instruction du cinquième bureau du Tribunal de première instance de Tunis, se font encore sentir dans les coulisses du Palais de justice, et un peu partout dans les journaux et sur les plateaux TV. Après les conférences de presse indignées des juges, le tout récent épisode se déroule du côté des robes noires et il est sous le signe de la colère.

Réunis hier en urgence avec ses collègues, le bâtonnier Mohamed Fadhel Mahfoudh a annoncé la tenue d’une assemblée générale extraordinaire, dans la journée du dimanche 2 mars, en vue d’examiner ce qu’il a qualifié « de campagne de dénigrement ». La réunion prévue a été décidée à la suite de l’ouverture, hier, par le parquet d’une enquête à l’encontre de cinq avocats dans l’affaire de l’agression du juge d’instruction du cinquième bureau du Tribunal de première instance de Tunis.

Dans une déclaration à la TAP, le substitut du Procureur général près la Cour d’appel de Tunis, Habib Torkhani, a indiqué hier que ce dernier procédera à l’ouverture d’un enquête conformément aux dispositions du décret-loi organisant la profession d’avocat.

En plus de la réunion urgente du barreau, la journée d’hier a été marquée par une autre réunion organisée celle-là par l’Observatoire Tunisien pour l’Indépendance de la Magistrature (OTIM). Se voulant un médiateur entre les deux parties en litige, l’OTIM a convié des avocats et des juges à son initiative. Les intervenants ont convenu un ensemble de mesures urgentes pour faire  tomber la tension. Ils ont appelé de ce fait à l’arrêt immédiat des surenchères médiatiques et des accusations réciproques et à «  la guerre des communiqués ».

La création d’une commission de médiation et de consensus pour réduire les divergences entre juges et avocats et l’engagement d’un dialogue franc et responsable ont figuré également sur la liste des recommandations de l’OTIM qui a, par ailleurs, proposé des solutions structurelles. Pour les représentants de l’OTIM, une relation pérenne entre les deux professions est tributaire de l’instauration de rapports de respect basés  sur une reconnaissance mutuelle. Des rapports où chaque partie comprenne, en plus de ses propres principes éthiques, les spécificités de l’autre profession. L’OTIM a également appelé à l’établissement de structures institutionnelles communes aux deux professions qui seraient chargées de régler les différends entre les représentants des diverses professions juridiques.

Des parcours de formations mixtes seraient également bénéfiques selon l’OTIM, pour établir des liens de confiance et d’entente. Les étudiants de l’Institut Supérieur de la profession d’avocat pourraient bénéficier dans cette optique de « stages de juges ». Réciproquement, les attachés judicaires ne comprendraient que mieux les avocats s’ils avaient accès à des stages axés sur les contraintes de la défense.

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