UDC : chômage et système éducatif sont intimement liés

Salem Ayari secrétaire général de l'UDC

Son profil n’a rien à envier à celui des chômeurs tunisiens : âgé de 37 ans, titulaire d’une maîtrise en langue, civilisation et littérature arabe, chômeur depuis 2004, il s’agit de Salem Ayari secrétaire général de l’Union des jeunes diplômés (UDC). Ce jeune homme endure le calvaire du chômage depuis 2004 et mène un combat de longue haleine contre le chômage des diplômés depuis 2006, l’année où il avait fondé avec des camarades à lui cet organisme qui œuvre pour l’embauche des diplômés. Ni les conditions difficiles, ni les longues années de chômage n’ont minimisé son endurance et son inflexible volonté.

Ayant l’aisance de la parole, confiant et déterminé à la fois, le secrétaire général maîtrise bien son discours. Un discours forgé à partir de longues années de chômage et d’observation des problèmes des chômeurs tunisiens.  Cette expérience le pousse à proposer le déclenchement de réformes nationales. « Quel système économique voulons-nous ? ». Partant de « l’échec du système économique tunisien qui ne génère que le chômage et ne crée que des emplois précaires », notre interlocuteur propose la réforme du système éducatif, notamment dans sa relation avec l’embauche en Tunisie. « La suppression de plusieurs sections universitaires s’impose et pour cause car elles ne mènent à aucun débouché et ne permettent pas le recrutement des jeunes diplômés ».

Prenant en considération la situation politique instable et la courte durée du gouvernement provisoire, Salem Ayari propose juste des réformes « urgentes » relatives à la législation en matière de recrutement et aux critères d’admission à la Fonction publique, à l’incitation du secteur privé à s’investir et à recruter et à la régularisation de la situation de ce qui reste des hommes d’affaires tunisiens interdits de voyage, afin qu’ils continuent leurs investissements.

Concernant le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES), pour l’UDC, le problème n’est pas lié à la compétence du candidat, mais « c’est le nombre de postes vacants qui pose problème, car le rapport entre un grand nombre de demandeurs d’emploi et un nombre limité de postes vacants est déséquilibré », dit-t-il.

Pour lui, la solution serait la suivante : ouvrir le maximum possible de poste d’enseignant et de professeur au sein des établissements scolaires, afin de réduire le nombre des chômeurs notamment les chômeurs de longue date et qui n’ont bénéficié d’aucun mécanisme social. Un maîtrisard chômeur depuis une longue période est-il capable d’enseigner, notamment après de longues années d’inactivités ? À cette question, notre interlocuteur répond : «  Il suffirait que le candidat effectue un stage encadré  d’un an au sein d’une école ou d’un lycée, pour qu’il puisse retrouver les outils de l’enseignement ». Dans ce sens là, l’union propose un concours sur dossier pour les diplômés ayant passé une longue période de chômage et un concours écrit suivi d’un test oral pour les jeunes fraîchement diplômés.

 

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