Des fonds d’investissement européens désertent Israël / Territoires occupés

Le Fonds souverain d’investissements norvégien, qui gère 810 milliards de dollars d’actifs, vient d’exclure de sa liste des investissements deux entreprises israéliennes pour cause de violation grave des droits individuels. Le ministre des Finances norvégien a en effet  mis sur la  liste noire « Africa Israël Investment » et sa filiale  «  Danya Cebus », deux entreprises de construction et  travaux publics impliqués dans la construction de colonies dans les territoires occupés de Jérusalem-Est.

L’action du gouvernement norvégien vient renforcer  une vague croissante de boycott européen  d’entreprises israéliennes qui ont des activités dans les Territoires occupés. Plus tôt en janvier, PGGM, un fonds de pension hollandais qui gère plus de 200 milliards de dollars,  a ainsi liquidé ses investissements dans cinq banques israéliennes qui financent  la construction de colonies dans les territoires occupés palestiniens. Le fonds hollandais avait  annoncé qu’en raison de l’illégalité des colonies et leurs préoccupations quant aux abus contre  les droits de l’Homme, il a été décidé d’arrêter toute activité avec les banques  Hapoalim,  Leume, First National Bank of Israël, the Israël Discount Bank et la Mezrahi Tefahot bank pour leur implication dans le financement des colonies.

Ce boycott croissant fait des remous en Israël et dérange les autorités de l’entité sioniste. Au moment où le ministre américain John Kerry est en train de préparer les nouvelles négociations, ce mouvement européen hostile est vu comme un coup de pouce  pour les palestiniens. Pour la première fois, l’Etat israélien fait face à des critiques et des sanctions concrètes et le mouvement pourrait s’accentuer dans un avenir proche. Oxfam, une organisation charitable internationale qui investit dans des projets qui réduisent la pauvreté partout dans le monde, a ainsi sévèrement critiqué l’actrice Scarlett Johansson, pourtant son ambassadrice, pour avoir sponsorisé Sodastream, une entreprise de boissons gazeuses israélienne basée dans les Territoires occupés. Jusque-là les organismes européens qui rejoignent ce boycott se basent essentiellement sur le non-respect de la 4e convention de Genève qui interdit le transfert de populations dans des territoires occupés militairement. Tant pour le fonds souverain norvégien que le fonds de pension hollandais, ces interdictions restent symboliques et sans grand impact économique. Il s’agit néanmoins d’une action à forte signification qui traduit un malaise croissant en Europe à s’affairer avec des entreprises israéliennes situées dans les colonies  basées dans les Territoires occupés.

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