Tunisiens binationaux: la victoire finale

Lundi 20 janvier 2014, dix neuf heures passées de quelques minutes. Les caméras et les regards étaient tous rivés sur les deux écrans accrochés à droite et à gauche du géant emblème de la République embellissant la tribune de l’Assemblée Nationale Constituante.  Verdict : 111 voix pour, 18 abstentions et 60 voix contre. L’article 73 tel qu’amendé a été adopté et les  binationaux pourraient ainsi se porter candidats aux élections présidentielles, à condition d’inclure dans leurs dossiers de candidature un engagement à renoncer à leur autre nationalité si jamais ils sont élus.

Aussitôt le résultat affiché, les cris de victoire de Karima Souid ont empli  l’espace de la voûte de l’Assemblée nationale constituante.  Des cris joyeux, retentissants, « à la Vive la Tunisie », insoucieux d’une déferlante de cris d’indignation proférée par plusieurs députés indépendants et quelques députés du bloc Ettakatol refusant le passage de l’article. Les députés Abderrazzak Khallouli et Tarak Laabidi ont jeté leurs copies du projet de constitution et leurs documents dans l’air. Abdellatif Abid et Abderrahmen Ladgham du bloc Ettakatol, ont dénoncé la « vente du pays ». Le député Ali Houiji, du mouvement Wafa a, lui, crié au scandale, avant de quitter la salle avec des dizaines de ses collègues contestataires.

Le débat, houleux et survolté, s’est, après la levée de la séance, déplacé dans les halls de l’assemblée. Pas d’atténuation dans l’acuité des tensions. « C’est une nouvelle forme de colonialisme, à travers le poste du président de la République !» a fustigé Hichem Hosni, sous le regard de la députée Nadia Chaabane, qui suivait de loin le tumulte. Elue de la circonscription France 1, la députée d’Al Massar s’est dite dépassée par l’emportement de ses collègues contre des milliers de Tunisiens binationaux nés à l’étranger. « Comment parvient-on à les traiter de traîtres, ces Tunisiens là, juste pour satisfaire un discours populiste !» s’est-elle exclamé.

Populiste, c’est ce que pensait également la député franco-tunisienne Karima Souid de la réaction de ceux qui se sont vivement opposés à l’article 73. Mais la députée a plutôt délaissé la polémique pour jouir d’une victoire qu’elle a considérée sienne.

Ce matin, elle recevait égards et remerciements de la part des abonnées à son compte Twitter. « Merci pour la défense de nos droits dans l’art. 73, Franco-Tuniso-Suisse, c’est bien la première fois que je me sens considéré! » lui a ainsi tweeté l’un de ses admirateurs Tunisiens à l’étranger.

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