Zied Lakhdar: Le Front populaire appuiera le gouvernement Jomaâ sous condition

Zied Lakhdar, Secrétaire général du Parti Watad, avait, avec force conviction, affirmé, dans une interview accordée exclusivement à l’Economiste Maghrébin.com, la nécessité pour le prochain gouvernement de s’engager dans les différents axes fixés par la feuille de route du Quartet, condition sine qua non pour le soutien de son parti au gouvernement Jomaâ. Interview.

L’Economiste Maghrébin.com : Le débat sur la nouvelle Constitution tunisienne bat son plein. Toutefois, le volet lié au financement des partis n’a pas encore été évoqué. Pensez-vous qu’une nouvelle loi sur le financement des partis politiques devrait être votée par l’ANC, et ce, dans le cadre de la prochaine loi électorale ?

Zied Lakhdar : Voter une loi sur le financement des partis politiques est vital pour une réelle transition démocratique. Une pareille loi doit être votée dans les plus brefs délais possibles pour contrôler, entre autres, les différentes organisations de la société civile. Il y a un flux financier important vers la Tunisie dont on ne connaît pas encore la source. Cela représente un véritable risque à la transparence des élections et pourrait nuire à ses résultats et au processus transitionnel.

Mehdi Jomaâ est officiellement désigné prochain chef de gouvernement qui doit faire face à une situation difficile. La tâche du prochain gouvernement sera lourde. Où peut-il, selon vous, aller avec son nouveau gouvernement ?

Zied Lakhdar : Mehdi Jomaâ a d’abord l’obligation de former un nouveau gouvernement de compétences nationales indépendantes. Celles-ci ne devraient pas se présenter aux prochaines élections. Cela donnera un message de confiance à l’adresse des différentes familles politiques et pourrait diminuer les altercations entre les partis.

Le prochain gouvernement doit inéluctablement respecter les différents axes fixés par la feuille de route du Quartet. Pour sortir de l’impasse politique et la crise économique et sociale qui frappe le pays, ce gouvernement doit être celui de tous les Tunisiens et le résultat du Dialogue national.

On parle donc d’un gouvernement de compétences nationales. Votre parti, le Front populaire, l’un des grands acteurs du paysage politique tunisien, appuiera-t-il le gouvernement Jomaâ ? Quelles sont vos conditions ?

Zied Lakhdar : Oui, on soutiendra le prochain chef de gouvernement s’il s’engage à respecter et à mettre en œuvre les axes de la feuille de route. M. Jomaâ doit assainir l’Etat des différentes nominations partisanes, lutter efficacement contre le terrorisme et la violence, aider à éclaircir toutes la vérité sur les assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, l’assassinat des agents de la garde nationale et des soldats tunisiens au Mont Chaâmbi, lutter contre la violence des milices notamment les Ligues de protection de la révolution.

Le gouvernement Jomaâ doit œuvrer aussi à assainir le climat politique en Tunisie et préparer le pays pour le bon déroulement des prochaines élections dans les plus brefs délais pour leur garantir une transparence selon les normes internationales. Le prochain gouvernement doit prendre donc les mesures nécessaires pour réussir sa mission.

Mehdi Jomaâ garde toujours le silence quant à son gouvernement, mais on parle de plus en plus de son orientation vers un gouvernement restreint. Qu’en pensez-vous ?

Zied Lakhdar : Absolument. Nous sommes pour un gouvernement restreint et de compétences nationales. Le prochain gouvernement doit surtout être en mesure de résoudre les difficultés auxquelles fait face le pays et le peuple tunisien. Il doit aussi donner l’exemple en matière de gestion des biens publics.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here