Ali Zeddini: Le Quartet est satisfait de l’avancement de la feuille de route

Dans le hall de l’ANC qui grouillait hier de députés et de juges grévistes, nous avons rencontré Ali Zeddini, membre du Quartet parrain du dialogue national, qui sortait tout juste d’une réunion avec Mustapha Ben Jaâfar. Interview.

L’Economiste Maghrébin : Où en est-on avec le dialogue national ?

Ali Zeddini : Le processus électoral est presque terminé. L’ISIE prête aujourd’hui même, à 18h30, serment devant le président de la République. Le processus gouvernemental avance, mais il faut procéder en deux temps. Le premier est la modification de la loi provisoire des pouvoirs publics, afin que le vote d’une motion de censure contre le Gouvernement ou un ministre ne puisse avoir lieu qu’à la demande des deux tiers des membres de l’Assemblée nationale constituante et non plus à la demande du tiers, comme c’est le cas actuellement. Le second est l’investiture officielle, dans les plus brefs des délais, du gouvernement Mehdi Jomaâ. Plusieurs affaires économiques et financières pressentes ne se concluent qu’avec un gouvernement qui fonctionne.

Nous constatons par ailleurs que le processus constitutionnel trébuche. En tant que Quartet parrain du dialogue national, nous portons assistance aux acteurs politiques, afin que les difficultés soient surmontées.

Pourriez-vous nous expliquer votre démarche ?

Ali Zeddini : Nous détectons les points conflictuels qui bloquent. Nous transmutons ces litiges vers le cadre du dialogue national. Une fois que les représentants des partis politiques se sont concertés, les points en question reviennent à la commission des compromis, en vue d’un passage consensuel en plénière.

Outre les multiples divergences au niveau du chapitre du pouvoir judiciaire, y a-t-il des points particuliers qui posent problème au niveau du projet de la Constitution ?

Ali Zeddini : Ce sont notamment des points relatifs aux instances de régulation, et surtout au niveau de l’Instance de l’Information. Nous avons eu des propositions afin que cette instance soit créée selon les normes internationales et jouisse des pouvoirs réglementaires. Nous avons passé ces propositions devant la commission des experts et elles seront exposées devant la commission des consensus pour examen.

A ce stade, vous estimez-vous satisfait de l’avancement de la feuille de route ?

Ali Zeddini : Jusqu’à maintenant, si l’on constate que le processus électoral est à 100% achevé, que le processus gouvernemental est à 80% accompli et que le processus constitutionnel est à moitié terminé, nous ne pouvons qu’être optimistes. Mais il reste encore du travail à faire. La révision des nominations, la dissolution des « Ligues de protection de la révolution » et la neutralisation des mosquées sont sur la liste des priorités du gouvernement Jomaâ. Ce gouvernement qui devrait être secondé par une instance d’appui.

Une instance d’appui ?

Ali Zeddini : Le  gouvernement de Mehdi Jomaâ est le fruit du dialogue national inclusif et il n’a pas un bloc politique bien déterminé qui l’appuie. Il faut que les organisations du Quartet et tous les partis politiques l’appuient et le suivent à travers une instance d’appui. L’objectif est de parvenir à créer, tous ensemble, une ambiance propice à l’organisation d’élections démocratiques, libres et transparentes.

En tant que représentant de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, comment jugez-vous le projet de Constitution, et notamment le chapitre des droits et libertés ?

Ali Zeddini : Depuis les premières ébauches, le projet de Constitution a connu une grande amélioration. La version actuelle a été renforcée par les consensus, mais le jugement final est à faire vers la fin du vote de l’intégralité du texte. Nous aspirons à davantage d’améliorations. Nous aspirons en effet à l’excellence, à une Constitution exemplaire qui soit la Constitution de tous les Tunisiens sans exception.

 

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