Le « Printemps » du mal

Cessons d’ignorer et fermer honteusement les yeux sur le drame du Monde arabe. Celui-ci est bourré, depuis trois ans, de ruines, de morts, d’orphelins, de veuves, de pauvres et de désespérés, comme jamais dans son histoire. Des pays (Syrie, Libye, Egypte…) sont définitivement inhabitables. Les photos d’enterrement des morts dans les pays du « Printemps arabe » sont presque quotidiennes sur les chaînes télévisées. La détresse est partout. Que des signaux graves qui feraient faire des pas en arrière. Qui pourrait espérer un avenir meilleur et garder les yeux fermés ?

Une chose au moins est claire : après avoir espéré un avenir meilleur, bonjour les dégâts. Les pays arabes du Printemps, fondés sur le départ et le rejet de leurs dictateurs (Ben Ali, Kaddafi, Moubarek, Salah) et trahis par leurs révolutions,  se trouvent sans issue devant leurs nouveaux problèmes. Les pays arabes révolutionnaires se trouvent sans boussole et en perte de repères. Le fil rouge qui relie le passé au présent c’est la dictature.

Premier constat : le chaos règne partout et une terrible menace pèse sur les Etats civils modernes avec des pays meurtris à reconstruire. Cela demande de longues années.

La fusion et la confusion du politique et de la religion inquiète.

Hier, il s’agissait de la dictature des dictateurs. Aujourd’hui, il s’agit de résister à la dictature des idéologies et des terroristes. Il s’agit de résister aux destructeurs et aux idéologistes religieux, eux aussi totalitaires. Aujourd’hui comme hier, il y a des idéologies différentes, mais avec les mêmes objectifs politiques.

Les chiffres sont éloquents. En Syrie,  environ trois millions de réfugiés dont un million de personnes qui ont perdu leurs maisons se sont réfugiés au Liban, la plupart d’entre eux sont des enfants et des femmes. La guerre civile et les attentats quotidiens en Syrie a fait, jusqu’ici, plus de 150000 morts sans compter les massacres, les viols commis à l’encontre des femmes. Plus de la moitié des morts sont des civils.

Au Yémen, le mouvement de contestation qui a démarré en 2011 a fait des centaines de morts avant le départ du Président yéménite, mais les attentats contre l’armée et la police se poursuivent encore.

En Egypte, le soulèvement populaire contre le régime de Moubarak a fait environ 1000 morts. Ce n’est pas fini. 15 personnes ont péri mardi dernier dans un attentat contre la police à la voiture piégée.

En Libye, la guerre qui a fait tomber Kaddafi aurait fait plus de 100 000 morts sans compter les blessés de la révolution. Le compteur ne s’est pas encore arrêté là. Le premier acte de violence était enregistré le jour où l’ambassadeur des USA en Libye a été lynché. Le dernier drame en date, la nuit du samedi 21 au dimanche 22 décembre 2013, lorsque un attentat à la voiture piégée a fait plus que sept morts à Benghazi, berceau du soulèvement libyen en 2011.

En Tunisie, berceau du « printemps arabe » où la révolution a fait moins de morts et de blessés qu’ailleurs, la situation sécuritaire est encore délicate. Plusieurs soldats et agents de police ont été tués dans des attaques terroristes et des assassinats. Deux figures de proue de l’opposition, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi ont été les deux tués devant leurs domiciles.

Plusieurs personnalités, politiques et économiques, femmes et hommes sont prises pour cible.  Le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) Houcine Abbassi  et Rached Ghannouchi, leaders d’Ennahdha, parti au pouvoir, viennent d’être placés sous haute sécurité par le ministère de l’Intérieur parce qu’ils sont menacés de mort.

Des larmes, des exactions, des blessés et des morts et des funérailles partout dans les pays du « Printemps arabe ». Ces pays se trouvent plongés encore dans la terreur. Aucun pays n’a pu sortir de son chaos.

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