Télescope Gaia à la rencontre de la Voie lactée

Gaia, première divinité grecque née du Chaos, personnifie la Terre. La déesse primordiale identifiée à la « Déesse mère » et ancêtre maternelle des races divines, et des créatures telles que les Titans, les Cyclopes, et les Hécatonchires, mit au monde Ouranos, représentation du Ciel couronné d’étoiles, pour l’entourer entièrement et devenir une demeure sûre pour les dieux.

Par analogie avec ces faits de la mythologie grecque, la mission d’astrométrie de Gaia devrait durer cinq ans durant lesquels le télescope cartographiera la Voie lactée en 3 D. En quelque sorte, il s’agit de la rencontre naturelle de la recherche scientifique avec les cieux pour le commencement d’une nouvelle ère dans le domaine de l’astronomie.

Après son lancement le 19 décembre 2013, le télescope spatial européen Gaia, également surnommé “arpenteur de la Voie lactée”, et sixième pierre angulaire du programme scientifique de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) avec  les missions Rosetta, Herschel, Planck, Lisa et BepiColombo, aura l’ambitieuse mission de cartographier notre galaxie.

Le travail qui l’attend n’est pas des moindres, avec pas moins d’un milliard d’objets célestes à répertorier et des objectifs de localisation tout aussi exceptionnels, car en effet, la précision des mesures de ce télescope n’est rien moins que de sept microsecondes d’arc (l’arc étant une sous-unité du degré), soit 7/3.600.000.000 de degré.

L’essentiel du travail qui devrait durer cinq ans environ, sera porté sur la localisation des étoiles par rapport à la Terre, les unes par rapport aux autres et par rapport à leur propre vitesse. Outre les étoiles, d’autres entités seront l’objet d’observation, à savoir des étoiles naines, brunes et blanches, des supernovae, des planètes naines et astéroïdes du système solaire et exoplanètes, jusque-là inconnus ; pour au final obtenir un atlas en 3D de la Voie lactée. Le travail est facilité par un système de détection interne et autonome. Alors que ceux qui l’ont précédé observaient des objets  à partir d’un catalogue d’objets connus, Gaia détecte tous les objets dans son champ de vision et de ce fait en découvre de nouveaux .

Véronique Valette, chef de projet Gaia au CNES (Centre national des études spatiales), ou agence française de l’espace , ajoute à cet effet:

«En six mois, Gaia verra toute la voûte céleste. Nous nous attendons à identifier près de 200 000 astéroïdes, des millions d’exoplanètes, des milliards d’objets, soit 1 % de notre galaxie. Son prédécesseur, Hipparcos, pouvait voir une pièce de monnaie à mille kilomètres de distance ; Gaia verra l’épaisseur d’un cheveux! Il ne fournira pas d’images spectaculaires, mais des données de cartographie uniques ».

Gaia fera mieux que son prédécesseur Hipparcos, un satellite lancé en 1989 qui  a permis d’étudier et localiser 120 000 étoiles.  Ainsi, le nouveau venu de l’Agence spatiale européenne fera 10.000 fois mieux en quantité et 100 fois mieux en précision.

Le CNES, par engagement auprès de la communauté scientifique et de l’ESA, s’est doté d’une puissance de calcul de 6000 milliards d’opérations par seconde, afin d’effectuer  35 à 40% du traitement des données.

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