Dialogue national : le consensus s’impose pourtant

La reprise du dialogue national, prévue pour vendredi 20 décembre, a été reportée au lundi 23 décembre. Le quartet parrain du dialogue national a cette fois-ci annoncé le report  dans le calme, affirmant répondre aux demandes de plusieurs partis politiques.

La crispation de Houcine Abassi, porte-parole du quartet, qui n’a cessé de donner, sur un ton d’exaspération, des ultimatums  aux antagonistes politiques pour qu’ils se mettent d’accord sur le nom du successeur d’Ali Laarayedh, semble à présent lointaine.

Le choix de Mehdi Jomaâ, ministre de l’Industrie dans le gouvernement sortant, comme successeur d’Ali Laarayedh, a, telle une soupape, réduit la pression dans la boîte hermétique qu’a été, des semaines durant, le dialogue national.  Mais, dans quelles limites le dialogue national qui s’est déroulé à huis-clos dans les locaux du ministère de la Justice transitionnelle et des droits de l’Homme a-t-il été éloigné des effets exogènes ?

Les parrains du dialogue ont affirmé, durant tout le processus, n’avoir subi aucune pression étrangère. Les étrangers, eux, niant les affirmations de certains medias, comme le journal Le Monde, ont démenti avoir imposé le choix de Mehdi Jomaâ et réfuté toute ingérence dans les affaires internes tunisiennes. Il ne se serait agi que de soutien et d’encouragement durant les péripéties de la période transitoire.

Une période à laquelle on a collé le terme de consensus. Le consensus comme finalité, mais le consensus comme moyen aussi. Etait-ce vraiment le cas ? Mehdi Jomaâ a-t-il été choisi d’une façon consensuelle ?

Sur cette question les avis divergent. Certains, comme le mouvement Ennahdha, sont satisfaits du choix et comptent soutenir Mehdi Jomaâ, afin qu’il mène le pays à bon port, celui des prochaines élections.

Les avis des partis de l’opposition semblent, quant à eux, hétérogènes. Le Front Populaire estime que le choix n’a pas obéi au critère de consensus et a, par conséquent, décidé de boycotter le dialogue national, et surtout le processus gouvernemental. Une décision qui ne l’a toutefois pas empêché d’accueillir dans ses locaux le futur chef du Gouvernement et de se concerter avec lui sur la situation économique et sociale du pays. Le porte-parole du parti Al-Jomhouri a, lui, regretté la manière opérée pour le choix de  Mehdi Jomaâ. Sur la chaîne Hannibal, il a déclaré : « Nous avons intégré le dialogue national à la recherche du consensus. Nous en sortons avec plus de division. Nous voulions un gouvernement qui redonne l’espoir aux Tunisiens et non pas un gouvernement des moindres dégâts. »

Moins catégorique que ses collègues au Front du Salut, le parti Nidaa Tounes semble avoir accepté le fait accompli. L’un de ses leaders, Boujemaa Remili, a déclaré hier au journal télévisé de la chaîne Al Wataniyya que son parti allait continuer à participer au dialogue national, avec un optimisme vigilant.

Les réserves des partis de l’opposition, Houcine Abassi semble les comprendre. Dans une interview accordée hier au quotidien arabophone Al Maghreb, le secrétaire général de la centrale syndicale a admis que le choix de Mehdi Jomaâ n’a pas été « tout à fait consensuel ». Mais pour lui, le choix du prochain chef du Gouvernement et le nivellement des avis qui étaient au début aux antipodes sont un succès en soi et « pas des moindres ».

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