De la politique fiscale du gouvernement Khaznadar à celle du gouvernement Laarayedh

révolution tunisienne

« L’homme de l’avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue » – Nietzsche

En 1858, Mustapha Khaznadar, Premier ministre du Bey, instaura une politique sociale, financière et économique plus que litigieuse pour le pays dont l’endettement auprès de la  France et d’autres pays européens fut l’apothéose. Pour faire face aux dépenses de l’Etat et honorer les engagements auprès de ses créanciers, le gouvernement Khaznadar trouva une solution « ingénieuse » en se tournant vers la population déjà mal en point pour la pressurer davantage. Comme si le système fiscal qui était en vigueur, caractérisé par son injustice surtout à l’égard de la paysannerie, n’était pas suffisant, le gouvernement augmenta les anciens impôts, en créant de nouveaux et imposa des personnes jusque- là exonérées.

Ces mesures abusives sont venues à bout d’une population qui s’est insurgée sous la conduite d’Ali Ben Ghedeham, ce qui a conduit des années plus tard à la destitution de Mustapha Khaznadar et à la chute de son gouvernement.

En 2013, Ali Laarayedh, Premier ministre de la Troïka, a instauré une politique sociale, financière et économique plus que litigieuse pour le pays dont l’endettement auprès du Fonds Monétaire International (FMI) était l’apothéose.

Pour faire face aux dépenses de l’Etat et honorer les engagements auprès de ses créanciers le gouvernement Laarayedh a trouvé une solution « ingénieuse » en se tournant vers la population déjà mal en point pour la pressurer davantage. Comme si le système fiscal en vigueur caractérisé par son injustice, surtout à l’égard de la classe moyenne, n’était pas suffisant, le gouvernement prévoit en 2014 d’augmenter les anciens impôts, d’en créer de nouveaux et d’imposer des personnes jusque- là exonérées.

A cet effet, le projet de  loi de finances 2014 prévoit notamment que les revenus des personnes physiques compris entre 20.000 et 40.000 dinars par an, soient imposés à 30%, et ceux supérieurs à 40.000 dinars à 35%. En outre, ce projet prévoit la création d’un impôt sur les dividendes au taux de 10% et l’instauration d’une nouvelle taxe annuelle de 1,5% sur la valeur actualisée de toute résidence secondaire.

Monsieur le Premier ministre, pour le salut du pays et pour assouvir le souhait le plus cher de votre gouvernement qui est de perdurer au pouvoir, retirez ce projet de loi de finances avant qu’il ne voie le jour car soyez certain, qu’une fois les mesures de cette loi adoptées, elles provoqueront des insurrections de la population à l’image de celles menées jadis par Ali Ben Ghedeham et qui conduiront inéluctablement à la chute de votre gouvernement.

  Selim KOUIDHI, Expert-comptable et Managing-Patrner à 2SFirms

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