Ne réveillons pas les vieux démons du football

Le report du match EST-CSS a permis d’éviter peut-être le pire. La situation dans le pays n’en a pas vraiment besoin. A ce niveau, le passé éclaire le présent.

Il ne manquerait plus que ça : réveiller les vieux démons du sport. Dimanche 9 décembre 2013, le report de la rencontre entre l’Espérance Sportive de Tunis (EST), doyen des clubs sportifs tunisiens et le Club Sportif Sfaxien (CSS) a occupé les devants de la scène.

Adnène Mansar, Directeur du Cabinet présidentiel, est intervenu au cours du programme « Dimanche Sport » sur la première chaîne de la télévision publique, « Al Watanya 1 », pour essayer de calmer les ardeurs des supporter de l’EST sur les passages relatifs à leur club accusé de « corruption » dans le Livre noir, édité par la présidence de la République, qui ne cesse de défrayer la chronique.

Intervenant au cours de la même émission, Mohamed Ali El Aroui, Porte-parole du ministère de l’Intérieur, a expliqué que le report de la rencontre a été rendu nécessaire. Les forces de l’ordre craignaient des débordements. Après avoir reçu des informations qui pouvaient faire, donc, craindre le pire. Mais aussi après avoir saisi notamment des armes blanches.

Interrogé sur « Nessma Tv », Béji Caïd Essebsi, président de Nidaa Tounes, a dit tout le mal qu’il pensait du passage du Livre noir sur l’EST. Insistant sur le fait que le doyen des clubs sportifs de Tunisie était un emblème du combat pour l’indépendance. Rappelant qu’il avait pour dirigeant le premier président de la République Habib Bourguiba.

Tous les présidents de l’EST ont « apporté un plus, y compris Slim Chiboub »

Dès les premières heures de la matinée du dimanche l’exaspération était dans l’air. Les rumeurs les plus folles couraient au sujet d’une réaction violente du public espérantiste qui préparerait à crier des slogans contre le locataire du Palais de Carthage.

Expression, sans doute, de cette exaspération, un dirigeant de l’EST, invité sur le plateau de « Dimanche sport », Abdessatar Mabkhout, a affirmé que le club tunisois ne reniait rien de son passé. Assurant que tous les présidents de l’EST ont « apporté un plus, y compris Slim Chiboub ». La référence à « la corruption », introduite dans le Livre noir, on le comprend, concerne Slim Chiboub, le gendre du président déchu.

Une affaire de plus provoquée par la publication du Livre noir pensent plus d’un. La situation du pays n’en avait pas vraiment besoin. Le réveil des vieux démons du football ne feraient en effet que compliquer une situation déjà difficile.

Le même jour, les faits sont venus nous rappeler que le football est capable du meilleur comme du pire. En effet, quatre personnes ont été gravement blessées à Santa Catarina (sud brésilien), lors d’affrontements entre supporteurs pendant un match de football opposant les clubs brésiliens d’Atletico Paranaense et de Vasco.

Restons en Amérique du Sud pour dire qu’il y a près d’un demi siècle (1969), une rencontre de football a été à l’origine d’une… guerre entre deux pays : le Salvador et le Honduras. Celle-ci a fait pas moins de 3000 morts et 15 000 blessés.

Plus près de nous, deux rencontres sportives ont occasionné de grands dégâts. Elles ont eu pour conséquence, la suspension pour un temps de deux grands clubs sportifs tunisiens : l’Etoile Sportive du Sahel (ESS) et l’EST. Le premier en 1961-1962, le second en 1969-1970. Cette dernière suspension a eu lieu justement après une rencontre avec le CSS.

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