L’entrepreneur : un profil à part

Lors de la conférence organisée par l’Association Tunisienne pour l’Entrepreneuriat et l’Essaimage (ATPEE), Louis Jacques Filion, professeur à HEC Canada et coauteur du livre «  de l’intuition au projet d’entreprise » est revenu sur quelques notions de l’entrepreneuriat : les notions basiques indispensables à chaque entrepreneur.

La forte intuition pour entreprendre

Pour Louis Jacques Filion, l’entrepreneur est doté d’un sixième sens, c’est-à-dire une forte intuition : L’entrepreneur du monde de la mode, par exemple, arrive à déceler, en marchant dans la rue , les tendances vestimentaires futures.

L’entrepreneur, qui n’est pas forcément le dirigeant d’une PME, utilise son intuition pour définir ses besoins en informations et les opportunités pour les organiser. L’intuition sert également à définir les risques car toute activité entrepreneuriale comporte des incertitudes (secteur bancaire) qu’il va falloir gérer par la suite. Dans ce sens, explique M. Fillon, l’entrepreneur doit savoir chercher les informations pour se heurter à moins de risques possibles. Cependant, cela n’est possible qu’en  ayant développé un réseau d’informations. Sur ce sujet, le coauteur cite dans l’une de ses recherches intitulée Le champ de l’entrepreneuriat : « L’entrepreneur peut imaginer la situation, le scénario dans lequel il va s’engager, à partir duquel il va  créer son entreprise, mais par la suite l’entrepreneur imagine aussi un nombre considérable  d’alternatives quant à la façon de s’organiser »

L’action : carburateur de l’entrepreneur

Féru d’action, l’entrepreneur est quelqu’un, selon Filion, de pressé de «mettre en marche les charrues avant le bœuf.  L’entreprenariat est, en effet, au cœur de la théorie de l’action. Ce qui fait de l’acte entrepreneurial  un acte spécifique tourné vers la création d’actions et d’occasions ». Filion précise : « que tant que l’entrepreneur continuera à déceler des occasions d’affaires et à passer à l’action pour les exploiter, cette personne continuera à jouer un rôle entrepreneurial » mais cela ne se fait pas sans l’apprentissage. Filion explique l’apprentissage par l’intégration de nouveaux modèles de réflexion :  «  Les universités produisent des étudiants conformes les uns aux autres. Pour être performant, il faut avoir un brin de délinquance dans la réflexion c’est-à-dire sortir des sentiers battus, intégrer un nouveau modèle mental pour avoir l’avantage compétitif». On retrouve cette notion d’apprentissage , reprise dans l’étude de Filion : «   En réalité, l’entrepreneur est une  personne qui doit continuer à apprendre. Non seulement continuer à apprendre par rapport à ce qui se  passe dans son environnement afin d’y déceler des occasions d’affaires, mais continuer à apprendre de ce qu’il fait et à s’ajuster en conséquence dans son entreprise. »

En Tunisie la culture entrepreneuriale est peu développée

M.Filion, comparant l’état des lieux au Canada et en Tunisie, a remarqué que la culture entrepreneuriale en Tunisie n’est pas bien développée : « Le secteur bancaire, qui pourrait financer des projets innovants, s’y intéresse peu », note- t-il. Contrairement à ce qui se passe au Canada, « où depuis une décennie, l’intérêt du secteur bancaire pour l’entrepreneuriat monte exponentiellement : 50% des participants aux colloques sur l’entrepreneuriat sont du secteur bancaire ». La crise politique que connaît la Tunisie ne devrait pas couper court à l’entrepreneuriat surtout si l’entrepreneuriat est « centré sur la création de nouvelles entreprises et de nouveaux projets. La société ne se développe pas que par la politique mais aussi par l’entrepreneuriat comme la création de services et cela quel que soit le régime en place ».

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