Le Maghreb comme relais d’expansion économique française

« Qualifié » de pôle majeur de la mondialisation du XXIème siècle par les auteurs du rapport « Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France », le continent africain, avec une croissance économique de 5% par an et des classes moyennes qui représentent entre 300 et 500 millions d’individus, constitue un des marchés qui a le plus de potentiel.

La France est culturellement et économiquement présente en Afrique où l’on compte 100 millions de francophones, environ 1000 établissements et 80 000 collaborateurs français, pour un chiffre d’affaires de 40 milliards d’euros (chiffres CIAN Conseil Français des Investisseurs en Afrique concernant les adhérents), mais perd des parts de marché, notamment au profit de la Chine, des Etats Unis, de l’Inde… et du « panafricanisme » car les investissements interafricains représenteraient 17% des nouveaux projets d’IDE sur le continent.

Selon un rapport de la CNUCED sur le développement économique en Afrique, le montant total du commerce intra-africain a atteint 130,1 milliards de dollars en 2011, soit 11,3 % du montant total du commerce africain.

Les ambitions africaines de la France s’orientent vers l’Afrique Subsaharienne

Considérant comme « acquise » sa présence en Afrique du Nord, avec une part de marché oscillant en 2011 entre 13,5 % (Maroc), 17,0 % (Algérie) et 19,0 % (Tunisie) et des exportations françaises qui ont doublé en volume depuis dix ans, en dépit du tassement récent lié aux « printemps arabes », les ambitions africaines de la France s’orientent vers l’Afrique Subsaharienne.

En effet, l’Afrique Subsaharienne– classée première devant les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) en termes d’attractivité pour les activités de « private equity » (Etude 2013 de The Emerging Markets Private Equity Association EMPEA)- contribuerait au maintien ou à la création de plus de 360000 emplois en France, si la part de marché des exportations de cette dernière se maintient à 4,7% (pourcentage 2011 et scénario « optimiste »).

Pour ce faire, la France « compte » sur la stratégie d’expansion économique des pays du Maghreb– le Maroc par exemple a conclu 500 accords avec 40 pays subsahariens-, vers l’Afrique Subsaharienne. De plus, la part des pays du Maghreb dans les importations des pays d’Afrique subsaharienne, a triplé en dix ans, passant de 0,7 % à 2 %.

Mais la Tunisie « profitera-t-elle » de cette nouvelle dynamique ?

La présidente de l’UTICA, Mme Wided Bouchamaoui, qui a participé au Forum économique, a déclaré : « La Tunisie se présente comme une excellente plateforme pour développer des synergies mutuellement bénéfiques aux entreprises françaises, tunisiennes et du sud du Sahara ».

Or, d’après une note de l’IFRI intitulée « La projection économique des pays du Maghreb sur l’Afrique subsaharienne », malgré les encouragements des pouvoirs publics (plan quinquennal Afrique du CEPEX en 2007), le secteur privé tunisien souffre du manque de l’appui des banques tunisiennes aux IDE en plus des difficultés qu’il rencontre à mobiliser des compétences managériales tournées vers une vision africaine.

De plus, le « tissu offshore » en Tunisie, qui représente 45% du paysage productif tunisien (Rapport IACE 2013), et qui est « tout désigné » pour devenir la « plateforme » d’échanges Afrique-France, risque de « s’effriter », avec les nouvelles dispositions du projet de loi des finances 2014 qui prévoit d’imposer les sociétés offshore.

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