Yassine Brahim propose la présentation d’un budget complémentaire en mars 2014

Afek Tounes a rejoint la cohorte des mécontents du projet de loi de finances et du budget 2014. « Manque de crédibilité, de réalisme et d’efficacité », c’est avec cette triple note négative que les experts et dirigeants de ce parti de l’opposition, ont évalué le travail du gouvernement. Pour mettre à nu les «  défaillances » dans la proposition gouvernementale, il ne leur a suffi que de présenter des chiffres aussi alarmants les uns que les autres et de procéder à quelques comparaisons frappantes.

«  Dans les normes internationales, le volume du budget ne doit pas dépasser les 25% du revenu national brut. En Tunisie, il est à 36% ou 37% du RNB », a annoncé Elyes Darwich, le coordinateur des programmes politiques et sociaux d’une part. Cette implosion, assimilée « à une gangrène » devrait selon cet expert être arrêtée le plutôt possible. Mais comment faire, dans ce contexte de crise, où le gouvernement dit faire de son mieux ?

« Il faut être transparent, sincère et conséquent, a-t-il expliqué.  Et surtout bâtir les projets sur des prévisions réalistes ».

« En 2013, le ministère des Finances a parlé d’un taux de 4,3%, puis de 4%. Ensuite, il a abaissé le chiffre en milieu d’année à 3,5%, puis encore une fois à 3%. Aujourd’hui, les institutions financières parlent d’un taux ne dépassant pas les 2,7% », a-t-il ainsi rappelé, s’interrogeant par la même sur la logique et la teneur d’une prévision de 4% de croissance pour l’année 2014.

A ces prévisions irréalistes, s’ajoutent des faits tangibles.  Comment le gouvernement compte-t-il tirer profit de 825 millions de dinars du système des Sukûks cette année, alors que ce système n’est pas encore mis en place ? Et comment parviendra-t-il à trouver des crédits extérieurs alors que les agences de notations n’ont cessé de dégrader les notes du pays et que rien n’a vraiment été effectué du programme des réformes recommandées par  l’accord de prêt du FMI ? Et puis, l’Etat, peut-il recourir au marché intérieur pour s’endetter, si l’on tient compte de la situation critique du secteur bancaire et des déficits, voire des hémorragies financières des entreprises publiques ?

« Face donc à la raréfaction des ressources et à l’explosion des dépenses, liées principalement à l’augmentation des charges de compensation, le gouvernement a utilisé une partie importante des réserves stratégiques du pays, provenant de la privatisation de Tunisie Télécom », a déploré Yassine Brahim, le président d’Afek Tounes.

Selon, lui, la solution n’est pas dans le recours à des mesurettes fiscales, qui ne sont même pas cohérentes avec le projet de réforme du système fiscal proposé par le ministère des Finances. L’idéal serait, selon lui, d’engager  un processus de concertation entre toutes les parties prenantes de l’économie, lequel finira par la mise en place, d’ici trois mois, d’un budget complémentaire. Il serait également de prime urgence d’entamer et de reprendre les grands projets d’infrastructure régionaux. La difficulté et parfois l’impossibilité de l’exécution des investissements publics étant l’une des principales faiblesses des budgets de l’après révolution.

 

 

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