«L’APII a l’intention de balayer devant sa porte»

Peut-on parler d’innovation en absence de visibilité tant politique qu’économique ? Il paraît pour le PDG de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation, Noureddine Taktak, que le rapport est proportionnel : pas de visibilité, pas d’innovation.

Alors quel sera le rôle de l’APII, dans ce contexte actuel difficile ? Pour le PDG, la manifestation organisée les 10 et le 11 décembre est une façon de dire que «  l’APII est en mesure de poursuivre ses activités, pour se préparer quand le pays se redressera». La manifestation est organisée en partenariat avec l’UTICA, GIZ et l’ONUDI autour du thème de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Malgré des indicateurs à la baisse, notamment, selon M. Taktak, le nombre des investisseurs et les intentions d’investissements étrangers, l’APII travaillera en conséquence à « encourager l’investissement intérieur ». Pour ce faire, les outils, les structures d’appui, les mécanismes de financement mis à la disposition des nouveaux entrepreneurs devraient être revus, car jusque là, ils restent inadéquats. Ainsi, « les outils pour financer l’innovation ne sont pas bien ou peu utilisés », a-t-il indiqué.

La manifestation ne sera pas seulement une occasion pour présenter les outils mis en place pour encourager l’entrepreneuriat et l’innovation, mais aussi pour en déceler les faiblesses, dont les obstacles rencontrés par les jeunes entrepreneurs. Cependant, il existe des success story et « la manifestation comprendra le témoignage d’un jeune entrepreneur tunisien qui a réussi. Une manière de dire que les jeunes tunisiens, dotés des moyens adéquats, ont toutes les chances de réussir ce qu’ils entreprennent. Pour le moment, les mécanismes, structures et outils restent inaptes à les aider convenablement ».

Etat des lieux de l’innovation en Tunisie

Selon le rapport préparé par l’ANIMA sur l’innovation sous toutes ces formes, c’est-à-dire technologique et non technologique, elle reste dans une position timide, avec une « culture de l’innovation peu développée, un manque de confiance et de proximité entre acteurs publics et privés, une faible lisibilité et visibilité à l’échelle internationale, un cadre réglementaire rigide et peu de fonds d’amorçage ». L’étude élaborée, en 2012, sur la rive sud Méditerranéenne, Tunisie comprise, montre que la recherche et développement, piliers de l’innovation, sont peu pris en compte. « La recherche et le développement sont très majoritairement portés par le secteur public (universités et centres de recherches). Cependant les budgets alloués à la R&D et « les investissements en R&D représentants des montants faibles comparés aux moyennes internationales (Tunisie : 1.1% du PIB contre 2% en Europe). Le secteur privé est également « peu engagé dans l’innovation… plusieurs directeurs de technopôles constatent que les entreprises locales effectuent peu de R&D et préfèrent l’acquisition directe de technologies prêtes à l’emploi », mentionne le rapport. Cela peut s’expliquer par la nature même de ces entreprises « dont 80% comptent 1 à 5 salariés,  très familiales et relativement fermées à un management innovant ».

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