Veut-on vraiment fragiliser Tunisair ?

« Fragiliser Tunisair n’est pas une mince affaire … céder Tunisair ne se fait pas du jour au lendemain » ; pour le PDG de Tunisair, Rebah Jrad, ce scénario de l’entreprise publique, crée en 1958, ayant 65 ans d’expérience et détenant 40% du marché tunisien avec plus de 3.7 millions de passagers par an, est peu probable car « le gouvernement ne peut pas céder Tunisair qui offre un service public ». Et d’ajouter que la cession d’une entreprise publique ne se fait pas sur un coup de tête, « il faut que cela soit programmé  un an à l’avance. Ce qui n’est pas le cas ». Cependant, la situation de Tunisair ne semble pas être aussi rassurante.

Des difficultés financières et un plan social prévu

La situation financière de Tunisair fait couler de l’encre, les médias s’y intéressent, puisqu’il s’agit d’une entreprise publique de premier plan. La semaine dernière, de nombreux articles ont circulé, sur la toile, remettant sur la table la situation financière de l’entreprise. Une réaction médiatique, appréciée par le PDG du Tunisair qui se résumerait, selon lui, en un message envoyé au gouvernement concernant également le projet de loi de finances 2014. «Il faut que le gouvernement soit sensible à la situation de Tunisair», qui passe par une crise « différente à plus d’un titre des autres crises subies (Guerre du Golfe, septembre 2001, flambée du prix du carburant… », mentionne le plan de redressement de Tunisair.

De nombreux éléments ont contribué à l’aggravation de la crise selon Rebah Jrad dont la baisse du nombre des touristes. « Nous avons perdu un million de touristes depuis la révolution ce qui a négativement influencé l’activité de Tunisair ». Le plan de redressement poursuit en pointant du doigt la situation générale du pays, « car moins d’investissements conduisent à moins d’activités économiques et donc moins d’exportations » et « l’intensification de la concurrence, suite à l’entrée sur le marché de nouveaux opérateurs nationaux et étrangers ». En conséquence, les vols charters, qui devaient générer plus de bénéfices, ont enregistré une baisse de 3%  », selon M Jrad. Les charges imposées sur le groupe ont également contribué au fléchissement de l’activité de Tunisair, avec des «  taxes aéroportuaires qui représentent 27 % du chiffre d’affaires » et le coût des salaires, suite aux recrutements effectués après l’accord signé en 2011.

Le groupe doit également gérer un ensemble de problèmes en interne, tels « le taux d’absentéisme des salariés contractuels ou les incidents rencontrés avec les agents manutentionnaires ». Notons qu’en 2012, à l’aéroport Charles de Gaulle, cinq bagagistes de Tunisair ont été arrêtés après une enquête qui a duré 1 an.

Les résultats ont été qualifiés de «désastreux», malgré quelques réalisations positives : « des pertes importantes pour 2011/2012 ont été enregistrées. Ainsi, l’exercice 2011 a  été marqué par un déficit de 135 MD et l’exercice 2012 un déficit de 126 MD. Pour 2013, le résultat net déficitaire est estimé à 100 MD.

Rebah Jrad, a tout de même mentionné que « le meilleur chiffre d’affaires a été réalisé en 2012, malgré le déficit » et que « les lignes régulières ont enregistré une croissance de 2% ».

Pour palier à ces dysfonctionnements, M. Jrad a indiqué que le groupe a proposé en 2012 un plan de redressement qui préconise le licenciement de 1700 salariés et le renouvellement de la flotte d’avions. « Malheureusement la réalisation du plan de redressement de 2012 n’a pas encore été mise en place », conclut-il .

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here