Champ politique tunisien : entre émiettement et crise de représentation

Intervenant dans le cadre du colloque organisé par l’association tunisienne « Kolna Tounes », avec le soutien de la Fondation Hanns Seidel, sous le thème « Résonance entre projets politiques et réalités sociologiques », M. Tahar Chegrouch a fait état des « asynchronismes » caractérisant le champ politique tunisien.

Concernant l’émiettement du champ politique tunisien : on dénombre plus de 150 partis politiques en Tunisie, (dont 19 seulement ont obtenu des sièges sur les 97 qui ont présenté des listes), alors que dans des pays comme la France, l’Angleterre ou encore les Etats Unis, les grandes formations politiques sont au nombre de deux.

D’autre part, faisant référence au penseur et sociologue égyptien, Anouar Abdel-Malek, M. Tahar Chegrouch a rappelé que « normalement » quatre grands courants politiques dominent dans les sociétés arabo-musulmanes : l’islamisme, le nationalisme arabe, le libéralisme et le socialisme.
Pour ce qui est de la crise de représentation, M. Chegrouch a relevé la dissonance entre le discours politique des partis et les revendications de la révolution.

En effet, alors que la révolution tunisienne proteste contre l’inégalité sociale et régionale et réclame l’équité sociale, le travail et la dignité, le discours politique  a été centré sur des thèmes doctrinaires et abstraits tels que l’identité et la laïcité.

Selon M. Chegrouch, ce détournement d’attention des problèmes fondamentaux dénote de la dérive d’une élite coupée de la réalité sociologique.

D’ailleurs, d’après M. Chegrouch, le taux d’abstention lors des élections qui s’est élevé à 50%, ainsi que le grand nombre de personnes « sans opinions » dans les sondages (concernant ce point M. Chegrouch ajoute que ce n’est nullement le manque de culture politique qui est en cause), sont symptomatiques de la crise de représentation que connaissent les partis politiques tunisiens.

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