Statut du partenaire privilégié : une année déjà

Si son voisin le Maroc a pu obtenir le statut de partenaire privilégié, il n’en n’est pas de même pour la Tunisie. D’ailleurs la question  ne date pas d’hier. Bien avant le 14 janvier, le statut de partenaire privilégié  était déjà proposé  à la Tunisie. Cependant : les décideurs à l’Union Européenne avançaient à l’époque des conditions politiques à remplir par la Tunisie pour accéder à ce statut.

Actuellement, le contexte a bel et bien changé et le vent de la révolution a soufflé : le 17 novembre 2012, les responsables tunisiens et ceux de l’Union Européenne se réunissaient à Bruxelles pour donner le signal de départ à des négociations qui devaient aboutir à un accord favorable à la signature de cet accord de partenariat privilégié. Depuis, une année s’est écoulée après le coup d’envoi des négociations, ce qui incite à s’interroger : où en sont ces négociations ?

Un an après le coup d’envoi de ces négociations, la fondation Konrad Adenauer Siftung, section  de Tunis, a organisé en partenariat avec le Centre d’études Méditerranéennes Internationales une journée d’études sur le thème : « Tunisie-Union Européenne : une année de Statut Avancé ». Loin de critiquer sévèrement le statut avancé, les intervenants ont fait des éclairages  objectifs sur ce sujet  qui  a suscité des polémiques.

Le président du Centre des Etudes Méditerranéennes et Internationales Ahmed Driss a placé le sujet dans son contexte, à savoir la relation bilatérale entre l’Union européenne et la Tunisie. «  Jusqu’au moment présent, nous n’avons pas encore eu le statut de partenaire privilégié. Avant la révolution, l’Union Européenne avançait le prétexte de la dictature de Ben Ali et sa politique de fermeture et maintenant quelles sont les raisons ? », s’interroge-t-il avant d’exposer plusieurs possibilités qui entravent ces  négociations : « Ce statut n’est-il pas l’une des priorités du gouvernement actuel qui l’a présenté en tant que statut octroyé aux Tunisiens ».

Autre facette du sujet évoquée, l’exemple de l’Ukraine  qui a refusé ce statut, «  un refus considéré comme une gifle pour l’UE », dit-il.
Puisqu’il s’agit d’une forme de partenariat, le spécialiste a recommandé «  de revoir ses clauses pour qu’il devienne équitable et bilatéral au plein sens du terme ».
Riadh Bettaieb, ancien ministre de l’Investissement et de la Coopération nternationale, s’est contenté quant à lui de présenter l’un des objectifs de ce partenariat,  à savoir «  l’intégration profonde des deux  économies  pour s’inscrire dans une dynamique de rapprochement entre les deux partenaires en instaurant un espace économique commun  »   de ce statut avancé et en réalisant les réformes nécessaires  afin d’obtenir ce statut.
«  C’est une occasion pour les entreprises tunisiennes et pour leurs produits d’avoir accès aux marchés européens sans  difficulté, ce qui implique la nécessité de développer la qualité des produits et leurs potentiels concurrentiels », dit-t-il avant de souligner l’importance de l’ALECA.

« Évolutif et incontournable », c’est ainsi qu’Alexandre Zafiriou,  Conseiller de la Délégation de l’UE en Tunisie, a qualifié le statut de partenaire privilégié, lors de son intervention. D’après le membre de la délégation de l’Union Européenne,  l’aspect incontournable consiste en la proximité géographique, l’histoire et les relations communes entre les deux entités (la Tunisie et l’Union Européenne). Cela nous amène à dire que la signature du partenariat est inévitable et qu’il s’agit juste d’un problème de temps ni plus ni moins.

Quant au professeur Mohamed Ben Romdhane, il est intervenu sur la notion du libre-échange tout en précisant que le terrain doit être favorable pour entamer cette procédure car « instaurer le libre-échange avec l’Union Européenne sans préparation préalable peut être destructeur », affirme-t-il.  «  Il y a toujours des perdants dans le libre-échange et ces perdants pourraient le bloquer », insiste-t-il.

 

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