Grèves générales face aux revendications insatisfaites

Trois gouvernorats ont décrété aujourd’hui  un mouvement de grève générale : Gabès, Gafsa et Siliana.  Les revendications des grévistes  ne sont pas très différentes les unes des autres. Seul lien commun entre elles, la  revendication de «  l’amélioration des conditions de vie et l’aspiration à un développement régional  durable ».

Qu’on en juge : Siliana, alourdie par les plaies des événements de la chevrotine  commémore la première année de cet événement sanglant ; Gafsa dont la seule évocation du nom demeure indissociable de l’insurrection du bassin minier de 2008 et des revendications restées sans suite, observe une grève générale pour rappeler sa perpétuelle revendication : «  Le droit de la région au développement et à l’emploi ». Quant à Gabès, guidés par l’Union Régionale du Travail, les manifestants s’insurgent contre la privation de la ville d’une faculté de médecine et d’un centre hospitalo-universitaire.

Réagissant tôt à ce phénomène bien avant le mois de novembre, le ministère des Affaires sociales a dans un communiqué rendu public déclaré le 24 octobre que « rien qu’au mois d’octobre, il y a eu 83 avis de grève, dont 93% ont émané de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et 7% de l’Union des travailleurs de Tunisie (UTT) ».

D’autres secteurs se sont  joints au convoi des grévistes : 11 milles  agents du ministère des Finances observent une grève de deux jours les 27 et 28 novembre. S’ajoute à cela la grève des médecins résidents et internes pour revendiquer l’annulation du travail obligatoire dans les régions intérieures du pays.

A l’heure actuelle, le rythme des événements s’est accéléré et la foule a incendié le local du mouvement Ennahdha et celui du Congrès pour la République (CPR) à Gafsa rapporte la radio privée  Shems Fm. Une action qui rappelle celles suite à l’assassinat de Chokri Bel Aïd et l’assassinat de Mohamed Brahmi.

Quelques minutes plus tard, Lotfi Zitoun membre dirigeant du mouvement Ennahdha ne manque pas de commenter l’acte subi par les locaux de son parti :

 

 

Malgré la tension et la crise épineuse, le journal arabophone El Dhamir, proche du parti au pouvoir, a déjà pris position contre les grévistes et les mouvements syndicaux dirigés par l’UGTT. En effet, dans un article publié par son journaliste Mohamed El-Kassem, intitulé « Qu’est-ce qui se cache derrière la hausse du nombres des grèves ? », le lecteur peut lire un incipit lourd de sens : «  L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’apprête à entrer dans le Guinness Book en raison de la hausse excessive du nombre des grèves depuis la révolution, plus précisément depuis les élections de l’Assemblée nationale Constituante ».

Les photos postées par les internautes à Gabès, Siliana et Gafsa sont très expressives.   Rim Thabti, journaliste citoyen, vient de poster cette photo  doublée d’un commentaire débordant d’espoir et de rêve pour sa ville Gabès

 

 

Iyed Dahmani, (Al Joumhouri), élu du bloc démocratique à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC)   présent sur place à Siliana, a quant à lui publié cette photo des rassemblements décrivant la foule :

 

 

Il semble que les intellectuels et les  universitaires  tunisiens regardent d’un bon œil ce « soulèvement », sur la page officielle du réseau social Facebook de Néji Djelloul, membre du bureau politique d’Al-Jomhouri et universitaire spécialiste d’islam politique, à publié le statut suivant : « manifestation  du ras le bol à Gafsa et Gabes , le mouvement social commence a échapper a une classe politique discréditée » .

 

 

Quant à Olfa Youssef, écrivaine et universitaire tunisienne spécialisée en linguistique, psychanalyse et islamologie appliquée, préfère de loin les événements de Gafsa plutôt que le dialogue national.  En effet, dans un post publié sur son compte officiel du réseau social Twitter, elle exprime clairement sa position et avance que ce qui se passe actuellement à Gafsa, Gabès et Siliana est l’essence du dialogue même.

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