Rougir sous l’emprise de l’alcool : un risque d’hypertension artérielle?

Hypertension arterielle - L'Economiste Maghrébin

La consommation excessive d’alcool est un facteur de risque connu de survenue de l’hypertension artérielle. Une étude récente coréenne publiée dans la revue Alcoholism: Clinical & Experimental Research, et analysant le lien entre rougeur du visage, consommation d’alcool et risque d’hypertension, a permis de démontrer que le risque d’hypertension lié à l’alcool est plus élevé chez les individus qui rougissent lorsqu’ils consomment de l’alcool par rapport à ceux qui ne « marquent » pas à l’alcool.

Selon le Pr. Jong Sung Kim, chef du département de médecine familiale à Chungnam University School et auteur de l’étude,  » Le phénomène de rougissement du visage à la consommation d’alcool se produit généralement chez une personne qui ne peut pas génétiquement ( altération du gène ALDH2 )  détruire un composé nommé l’acétaldéhyde,  premier métabolite ( ou produit de dégradation) de l’alcool ». L’accumulation d’acétaldéhyde serait probablement à l’origine des rougeurs au visage et de l’hypertension artérielle.

« Il est établi que la consommation excessive d’alcool est associée à une élévation de la pression sanguine et une évolution potentielle vers l’apparition d’une hypertension artérielle chronique, a ajouté Kyung Hwan Cho, président de l’Académie coréenne de médecine familiale (…), cette association persiste indépendamment du type de boisson et montre une relation dose-réponse, ce qui signifie que l’abus d’alcool pendant des semaines ou des mois peut augmenter la pression artérielle, » dit-il . « A l’inverse, de nombreuses études ont rapporté qu’une réduction de la pression artérielle significative survenait après réduction de la consommation d’alcool », poursuit-il.

Afin d’établir un lien entre la consommation d’alcool et l’hypertension artérielle, en tenant compte des réponses individuelles à l’alcool telles que le rougissement du visage, les scientifiques ont étudié des données recueillies à partir des dossiers médicaux d’un total de 1763 individus dont 288 sont non consommateurs d’alcool ,  527 consommateurs d’alcool qui rougissent à l’alcool et 948  buveurs qui ne rougissent pas en réaction à l’alcool et ont déterminé de manière comparative le risque de survenue d’hypertension dans chaque groupe de l’étude.

Les conclusions ont montré que pour les individus qui rougissent à l’alcool, la survenue de l’hypertension artérielle est favorisée dès une consommation de quatre verres d’alcool par semaine. Pour une consommation de quatre à huit verres par semaine, le risque est multiplié par deux.

Ceux qui boivent sans rougir, voient le risque d’hypertension artérielle augmenter à partir de huit verres par semaine.

Kyung Hwan Cho affirme également :  » Le rougissement du visage après la consommation d’alcool diffère selon le sexe, l’âge et groupes ethniques. En général, il est plus fréquent chez les femmes, les personnes âgées et les Asiatiques ».

Ce « signe physique » pourrait ainsi servir d’indicateur qui orienterait vers un risque  accru de survenue de  l’hypertension associée à l’alcool qu’il faut connaitre et rechercher. Néanmoins, il serait dangereux de croire que le fait de ne pas rougir sous l’alcool signifie qu’on peut boire en toute impunité,  précisent les auteurs, en conclusion.

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