Conférence du Pr. Chahir Zaki au siège de la BAD : « Le PIB arabe est volatile »

« Volume d’échanges commerciaux et croissance économique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ». Tel est le titre de l’intervention qu’a proposé aujourd’hui 26 novembre au siège de la Banque africaine du développement (BAD) le Professeur universitaire égyptien Chahir Zaki, spécialiste en économie plus précisément en commerce international. L’enseignant universitaire est venu spécialement du Caire, où il enseigne au département d’économie, pour présenter cette conférence à un auditoire composé d’économistes, financiers et banquiers. Au cours de sa communication, il a développé les résultats d’une étude économétrique qu’il a menée sur la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Dans son étude, l’universitaire a utilisé deux variables : le capital humain et le capital agricole. L’étude en question a aboutit au résultat suivant : la contribution du secteur des services aux PIB est moins importante que la contribution du secteur des biens. Pour arriver à ce résultat, l’économiste égyptien a défini sa cible et la période sur laquelle il a travaillé. Ainsi, M. Zaki a choisi deux périodes différentes : la première entre 1980  et 1999 et la seconde de 2000 à 2010, tout en gardant les mêmes zones géographiques pour l’étude, à savoir l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

Le professeur n’a pas caché son inquiétude et son pessimisme en exposant ce résultat et pour cause : «  un PIB pareil constitué en premier lieu par les biens est un PIB volatile », a-t-il affirmé ; ajoutant qu’il demeure pessimiste quant au PIB des zones précitées.

L’échantillon géographique étudié par le professeur souffre des mêmes handicaps et des mêmes entraves, ce qui conduit à s’interroger sur la prise en compte des spécificités économiques propres à chacun des pays en question.

Mais quel genre d’obstacles cette étude a-t-elle révélée ?

Il semble que l’Etat demeure le premier responsable de cette entrave. En fait, l’étude est une remise en question en premier lieu du rôle de l’Etat sur trois plans  et force est de constater que l’interventionnisme étatique dans le domaine des services demeure un handicap, notamment en ce qui concerne le secteur des télécommunications en Egypte. En deuxième lieu, la bureaucratie et la réglementation en vigueur demeurent une barrière face à l’essor du secteur, rappelant à cet égard que la bureaucratie est un mal qui ronge toutes les initiatives et l’esprit entrepreneurial dans le monde arabe. Enfin, le troisième obstacle relève de la domination du secteur public.

Il existe des solutions

De la compétition avant toute chose. A ce propos, M. Zaki propose des solutions à long terme. Il prône un esprit compétitif et cela pourrait se faire à travers l’adoption d’un plan politique qui prends en considération ce paramètre. Il propose également d’envisager la mise en place d’un large réseau d’affaires pour réaliser l’expansion.

Enfin le professeur a proposé l’élimination de toutes les barrières et la réforme des textes juridiques en vigueur relatifs au secteur des services et à cet égard il a cité l’exemple du code d’investissement égyptien  réformé en 2004.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here