La qualité des eaux et l’ensablement du vieux port freinent encore le projet

L’ensablement de l’entrée du vieux port et l’avivement et la qualité de ses eaux continuent à être la pomme de discorde qui entrave le projet Marina de Bizerte / Cap 3000. Ces points ont été au cœur d’une réunion tenue dernièrement entre les différentes parties impliquées dans la réalisation du projet : ministère de l’Equipement, municipalité de Bizerte et Cap 3000.

Concernant le premier point de litige, Cap 3000 maintient que l’ensablement du vieux port existait bien avant le démarrage des travaux du projet et qu’aucun dépôt supplémentaire n’a été induit par les travaux, comme le confirment les relevés effectués par son consultant avant et après achèvement de ces travaux (2008 et 2013). D’ailleurs le lancement, début 2008 par le ministère de l’Equipement d’une consultation en vue de procéder aux travaux de dragage, lancés début 2009, confirme ce point de vue.

Pour débloquer le dossier,  CAP 300 s’est déclaré disposé à faire le dragage demandé à la reprise de travaux du port (à l’amenée du matériel de mise en place de système de mouillage).

Toutefois, cet engagement reste tributaire d’une action préalable à réaliser par les administrations concernées- ministère de l’Equipement et municipalité-, à savoir la  fixation des côtes à atteindre par le dragage pour éviter une déstabilisation  des murs.

Cap 3000  précise  aussi que la zone objet de l’intervention est hors emprise de la concession et de ce fait Marina Bizerte ne dispose pas des plans de recollement des murs ni de leur côte d’assise.

A ce sujet, le représentant du ministère de l’Equipement se serait engagé à fournir le dernier plan de dragage et a demandé à CAP 3000 de faire les travaux, en respectant les côtes qui y sont indiquées.

Le second point de discorde, à savoir l’avivement et la qualité des eaux du vieux Port, a été également discuté par les différentes parties.

Pour les représentants de l’APAL (Agence de protection et d’aménagement du littoral) et de la municipalité, les problèmes auxquels fait face ce port résultent notamment des équipements qui ne fonctionnent plus, des déversements des eaux usées et pluviales dans le port, mais aussi des grandes quantités d’eaux usagées provenant du marché aux poissons, des opérations de maintenance des embarcations dans le port, de déversement de la surcharge d’eau de la station de pompage et de l’arrêt du système de renouvellement des eaux du port.

Concernant le marché aux poissons, le représentant de la municipalité a annoncé qu’un projet visant à éviter le rejet des eaux de ce marché dans le vieux port est à l’étude et aboutira à séparer les réseaux des eaux usées du réseau des eaux pluviales.

A ce propos, CAP 3000 a rappelé que l’avivement des eaux du vieux port a fait l’objet d’études logiques approfondies, associées à l’étude de réalisation de la marina.

Ces études ont démontré d’une part que la marina avec ses ouvrages n’a eu aucun impact sur le vieux port et que le problème réside dans la défaillance du système d’avivement déjà installé et dont la gestion est confiée, dans le cadre d’un contrat de concession, à la municipalité de Bizerte.

Ces études élaborées par CAP 3000 et affinées en juin 2010, confirment d’ailleurs que la solution initiale conçue par SCET TUNISIE et exécutée est fiable (pompes, agitateurs, etc.), mais elle ne peut pas être efficace si les équipements ne sont pas entretenus et si des rejets d’eaux usées et pluviales continuent à être déversées dans le vieux port.

Toujours à propos du vieux port, la CAP 3000 a engagé en juin 2010 une expertise avec une  étude complémentaire détaillée qui a confirmé le choix retenu dans l’étude d’impact et confirmé dans le contrat de concession, et d’ailleurs CAP 3000 a déjà engagé la commande des équipements et un planning détaillé d’intervention a été adressé à l’APAL le 17 juillet 2013.

En réaction à ces déclarations de Cap 3000, les représentants de l’ONAS, de la municipalité de Bizerte et de l’APAL ont insisté sur l’obligation à la charge de CAP 3000 de respecter ses engagements concernant l’installation d’un système d’avivement et ce, abstraction faite des mesures à prendre par les administrations concernées (APAL, ANPE, ONAS, municipalité,…).

Pour ce qui est des rejets, CAP 3000 a confirmé son engagement de principe à la résolution de ce problème ; ajoutant toutefois que la remise en état du système d’avivement, en l’absence d’une solution radicale pour les rejets, risque de compromettre l’efficacité du système et qu’une fois les équipements  installés, CAP 3000 dégagera sa responsabilité quant à l’efficacité  du système d’avivement.

Cette question des rejets est à l’ordre du jour de l’ONAS qui a annoncé le démarrage imminent d’une étude sur le problème des rejets. Maintenant sa position, CAP 3000 a exprimé son souhait que la remise en état du système soit reportée après résolution des problèmes des rejets.

Coté environnement, des représentants de la société civile ont attiré l’attention sur l’impact environnemental découlant des bâtiments à plusieurs niveaux qui empêcheront aux habitants et visiteurs de voir la baie de Bizerte et la plage.

Initié pour booster l’économie de la région, et en particulier le secteur touristique dans  sa composante « marina », le projet Bizerte Cap 3000 n’arrive pas à ce jour à surmonter les entraves qu’il rencontre. Ce projet de Marina Cap 3000, consiste en l’aménagement et l’extension du port de plaisance pour contenir 850 anneaux supplémentaires et la construction d’une résidence haut standing de 250 appartements, des hôtels 5 étoiles et des espaces d’animation touristique, en plus d’espaces réservés aux activités artistiques et aux petits métiers et d’un musée océanographique.

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