« Pour que la Tunisie devienne un pays émergent…et démocratique »

La Tunisie est capable de réaliser un taux de croissance de 7,5%, voire plus permettant d’ici 10 ans de réduire substantiellement le taux de chômage de 16% à 6%.

Il s’agit là du message principal émis, hier, par le président de Nidaa Tounes et ses cadres économiques. Mahmoud Ben Romdhane et Slim Chaker ont exposé les grandes lignes du programme du parti en la matière, programme conçu par plus que 200 experts. Des messages « optimistes et ambitieux » ont été présentés tel un éloge à la nation, à son potentiel latent, à ses forces vives et surtout à « son capital humain qui incarne l’avenir ». Cet avenir, Beji Caid Essebsi l’a estimé radieux malgré « la crise étouffante causée par ceux qui gouvernement et qui ont du mal à céder les rênes du pouvoir ». Nidaa Tounes se présente ainsi comme « un mouvement démocratique soucieux sans cesse des questions sociales ».

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Il s’agissait certes d’un cadrage politique, des lignes directrices en matière socio-économique ont néanmoins pu être exposées.

Pour se débarrasser de la pauvreté endémique et mettre un terme à la corrosion de la classe moyenne (grand acquis, selon Essebsi, de l’époque bourguibienne, en plus de l’éducation et de l’émancipation de la femme,), Nidaa Tounes compte revenir à la quadriptyque de la révolution du 17 décembre. « L’emploi, les jeunes, le développement régional et la justice sociale » a ainsi rappelé Slim Chaker avant de décliner les conditions sine qua none au « miracle tunisien » auquel il croit fermement.

Au nombre de dix, ces conditions préalables à l’essor socio-économique sont :

  1. Le désenclavement  des régions défavorisées, en  procédant à une mise à niveau de l’infrastructure.
  2. La décentralisation adoptée en tant que mode de gouvernance et d’administration permettant aux régions et aux populations locales de prendre leur destin en main, et de pouvoir ainsi créer de la richesse.
  3. L’amélioration des conditions de vie dans les régions de manière à y attirer les compétences et les capitaux.
  4. La réforme de l’éducation afin que celle-ci trouve son statut d’ascenseur social. Selon Slim Chaker, «  il faut absolument passer d’un système qui ne délivre que des diplômes à un système qui favorise la compétence et l’employabilité. » Pour y parvenir, obligation est d’opter pour la recherche scientifique et les technologies du savoir.
  5. L’optimisation du tissu industriel à travers un réseau intense de zones industrielles et de pôles technologiques sur tout le territoire et l’amélioration du secteur des services. Mais pour Slim Chaker, le décollage du secteur tertiaire est conditionné par la fin de la politique monopolistique de l’Etat. Celui-ci, devrait, selon cet expert, ouvrir la santé, l’éducation, le tourisme et les TIC aux investisseurs privés et à la concurrence, l’émulation étant souvent bénéfique aux consommateurs de ces services.
  6. La mise en place d’un secteur financier robuste, viable et sain.
  7. L’écoute des jeunes. «  Ceux-ci sont la vrai richesse du pays » a noté Slim Chaker.
  8. La facilitation de l’accès des femmes au marché de l’emploi. Alors qu’elles représentent 61% du total des étudiants et 58% des jeunes lycéens, les femmes affichent un taux d’activité de 25% uniquement. Situation incohérente ne reflétant guère, selon les cadres de Nidaa tounes, le vrai potentiel de la femme tunisienne.
  9. La propulsion du tiers-secteur. « Alors que ce secteur économique porteur représente dans certains pays jusqu’à 10% des emplois créés et 10% de la croissance, il est encore marginalisé en Tunisie » a regretté Slim Chaker, mettant en avant la nécessaire synergie entre le tiers-secteur, le secteur privé et l’Etat.
  10. L’ouverture de la Tunisie au monde extérieur. « Dans un contexte mondial où le centre de gravité est en train de se déplacer vers l’Asie, la Tunisie devra revoir son déploiement géostratégique » a insisté Mahmoud Ben Romdhane pour qui la Tunisie devrait désormais jouer un rôle stratégique entre l’Europe, le Maghreb et l’Asie.

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S’ils sont réalisés, ces objectifs permettront, selon les économistes de Nida Tounes et son président, de réaliser « le miracle tunisien » et de propulser la Tunisie au rang  des pays émergents voire à celui des pays développés.

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