Le projet de budget 2014: un frein à la croissance plus qu’un moteur

Il semblerait que le projet de Loi de finances 2014, proposé récemment par le ministère d’Elyès Fakhfakh, ne plaise ni aux économistes, écartés et non consultés d’après Moez Joudi, ni également aux patrons eux mêmes. Qui dit patron de PME/PMI, dit investissements, création de richesses et donc d’emploi; l’employabilité étant une revendication principale et un catalyseur des événements du 14 janvier 2011.

Les membres du comité de suivi de la loi de finances et du budget 2014, réuni aujourd’hui à l’UTICA, ont affirmé à l’unanimité, que le projet de loi de finances 2014 est anti-investissement. Le fossé semble donc profond entre la vision de l’UTICA 2020 qui préconise « un système fiscal transparent et incitatif à la  croissance » et les nouvelles mesures de loi de finances 2014, qui renvoient à la même enseigne « plus d’impôts ».

L’UTICA pour une fiscalité plus souple

Les membres du comité, avec à leur tête, Taoufik Laaribi, ont réaffirmé leur vision concernant la fiscalité. En effet, le document «Vision UTICA 2020», a proposé « un nouveau système fiscal qui doit favoriser la bonne gouvernance et la transparence des entreprises, leur croissance et leur création d’emploi, ainsi que l’investissement et la création de nouvelles entreprises, tout en étant adapté à la réalité économique de l’entreprise y compris les micro-entreprises ».  Pour le président du comité, le patronat « encouragerait les réformes fiscales, ainsi que le principe de transparence, car il s’agit avant tout d’un devoir national. » Cependant, le contexte actuel serait inadéquat avec le projet de loi de finances 2014, car la Tunisie se trouve dans une conjoncture difficile : « un pouvoir d’achat en dégradation continuelle, une dépréciation du dinar face à l’euro et au dollar et un déficit budgétaire avoisinant en réalité les 11% et non 7.4% comme annoncé officiellement, les biens confisqués ne pouvant être considérés comme des ressources permanentes pour l’état » explique Jamel Boukhis, membre du comité de suivi.

Les mesures pour inciter à l’investissement : effet contraire

Pour le comité de suivi de la loi de finances 2014, faire baisser le taux d’impôts sur les sociétés de 30% à 25%  est une bonne mesure, la contrecarrer avec une soumission de 10% sur les dividendes n’encourage pas à l’investissement. L’effet est d’ailleurs contraire d’après M. Boukhris, incitant ainsi, non à l’investissement, mais à plus d’évasion fiscale. Selon Najib Chehed, membre du comité, le taux du secteur informel est estimé à 35% du PIB.

Les impôts vont également « freiner » la classe moyenne. M. Boukhris cite en exemple les nouvelles redevances sur les voitures populaires, «  avec un pouvoir d’achat en baisse et le gel des salaires pour 2014, cette mesure touchera directement la classe moyenne ». Ceci est encore valable pour la nouvelle taxe imposée sur les résidences secondaires dont le taux sera fixé par un décret, ce qui amène  à se poser des questions sur la capacité de l’administration à suivre les citoyens possédant des résidences secondaires, alors qu’actuellement « 53% des contribuables ne sont pas entrain de régler leurs impôts », s’interroge enfin M. Boukhris.

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