Quand les verdicts tombent

Deux nouvelles viennent de tomber, coup sur coup, l’abaissement de la note souveraine par Fitch Ratings et les chiffres négatifs des déclarations d’investissement dans l’industrie et les services connexes avec une chute libre des Investissements Directs Etrangers(IDE) .

Fin octobre dernier Fitch Ratings vient de rejoindre les appréciations de la Tunisie, faites par d’autres agences de notation,  en annonçant que  la note souveraine de la Tunisie passe de « BB+ » à « BB-« , avec perspectives négatives. Signalons que Fitch Ratings avait procédé, en décembre 2012, à une révision à la baisse de la notation de la Tunisie à « BB+ » positif, avec perspectives négatives.

Ce nouveau déclassement en moins d’une année s’explique, selon Fitch Ratings, par le processus de transition politique, encore retardé et par l’incertitude croissante sur l’aboutissement final de celui-ci. Les actes perpétrés par des groupes terroristes qui ont pris de l’ampleur ces derniers mois, outre l’aggravation de la sécurité et de l’instabilité, ne sont certainement  pas étrangers à cette dégradation de notation.

Fitch a également révisé à la baisse ses projections réelles de croissance du PIB en Tunisie à 2,8% en 2013 et 3 % en 2014, tandis que l’inflation a augmenté et devrait atteindre 6% en moyenne en 2013, en total décalage par rapport aux 5,3% annoncés par le Gouverneur de la Banque centrale.

Autre alerte donnée par Fitch, qui s’attend à ce que le déficit du compte courant demeure élevé à 8,1% du PIB en 2013, et 7,7% en 2014 avec une dette extérieure en nette hausse, des réserves internationales sous pression et un dinar qui se déprécie.

La deuxième mauvaise nouvelle est relative aux investissements déclarés dans le secteur de l’industrie qui enregistre, sur les neuf premiers mois de 2013, une diminution  de 3,4% en volume passant de 2.752,2 millions de dinars au cours de la même période de l’année dernière à 2.660 millions de dinars cette année. Ce qui ne présage rien de bon même en supposant que l’ensemble des projets déclarés se réalisent en 2014.

A l’exception des investissements déclarés dans les industries des matériaux de construction, de la céramique et du verre, dans les  industries chimiques et les industries mécaniques et électriques, les autres secteurs connaissent une baisse notoire : -70,8% dans le secteur du cuir et des chaussures, -44,8% des investissements dans les industries agroalimentaires, -36% pour le textile-habillement, premier secteur d’exportation du pays et enfin -30,7% pour les industries diverses.

Une des raisons est à rechercher également dans les investissements déclarés d’un montant inférieur à cinq millions de DT, c’est-à-dire les PME qui avec  1/3 des déclarations en décroissance de 17%  tirent vers le bas l’ensemble des chiffres. Cela dénote bien la frilosité des petits entrepreneurs à s’engager dans l’aventure.

L’autre source d’inquiétude vient du net fléchissement que connaît le chiffre des investissements totalement exportateurs avec -44,8 % d’intentions d’investissements et des IDE à -29,7%,  lesquels vont passer de 471,0 millions de dinars au cours des neuf premiers mois de l’année écoulée à 330,9 MD pour la même période en 2013.

Pour ce qui est des investissements en direction des régions, les déclaration d’intention, bien qu’en hausse, passant de 1135,8 MD pendant les neuf premiers mois de 2012 à 1615,9 MD en 2013 (même période) sont inégalement réparties avec -28,% pour les régions de l’Est contre +91,3% pour l’Ouest.

Quant aux services connexes à l’industrie, ils n’échappent pas à la tendance baissière avec -15,9%, passant de 1185,6 MD en 2012 à 996,6 en 2013.

Un petite lumière toutefois vient éclairer nos espoirs : le chiffre des exportations réalisées durant les neuf premiers mois de 2013 affiche une progression de 6,8% par rapport à la même période de 2012, les activités les plus dynamiques étant celles de l’agroalimentaire et des matériaux de construction et les industries mécaniques et électriques qui occupent le devant de la scène parmi les  principaux postes d’exportations.

Devant ces éléments tant d’appréciation que chiffrés, lorsque l’on vit le climat actuel des affaires, entouré, de toutes parts, d’incertitudes et que les clignotants tant économiques que financiers virent un à un au rouge, l’on comprend  alors que les mois à venir ne seront pas de tout repos.

La Rédaction du Manager :*Hédi Mechri étant légèrement souffrant, c’est à la Rédaction qu’échoit cet exercice. Elle lui souhaite un prompt rétablissement. 

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