Quel modèle de développement pour l’avenir de la Tunisie !?

« [L’engagement] est un acte par lequel l’individu assume les valeurs qu’il a choisies et donne, grâce à ce libre choix, un sens à son existence.». C’est la définition de l’engagement dans  Wikipédia.

Quand la mosaïque de partis et la multiplicité des associations suscitées par le défaut de démocratie, des dernières décennies, foisonnent dans notre pays ; quand leurs financements demeurent inavoués et sans contrôle ; quand les sondages se multiplient et sont hors-la-loi ; quand les mots cités par les gouvernants deviennent fades et peu significatifs ; quand des élus pour une période d’une année s’accrochent à une légitimité que plus rien ne peut justifier ;  quand on s’attaque à notre défense et on tue des innocents ; quand notre histoire est reniée, voire même dénigrée et bafouillée par des venus d’ailleurs sans Histoire et sûrement sans avenir, une question se pose avec acuité : que faire ?

Allons-nous supporter indéfiniment ces propos haineux, ces discours oiseux et ces controverses interminables ? Allons-nous sombrer dans l’indifférence et le rejet de la politique ? A quels changements peut-on s’attendre d’un parti majoritaire qui a échoué sur tous les plans de la modernité? Qu’attendre d’une troïka qui monopolise le pouvoir à sa guise? Que reste-t-il de cette révolution pour laquelle tant d’hommes et de femmes ont peiné, souffert et espéré ?  Quelle alternative crédible peut-on avancer ?

Il est temps de réagir et de proposer des pistes de sortie pour revaloriser l’engagement politique. Même si les constituants atones sont encore euphoriques d’une victoire que leur a accordée un tunisien sur trois, sous l’effet d’un quart de siècles de brimades et d’exclusion. Ils se cramponnent au pouvoir et semblent loin des préoccupations du quotidien du citoyen. Les gouvernants ont négligé l’avenir du pays en donnant peu d’importance à l’économie. Ils ont, par leurs choix, souillé son image en se présentant comme les soi-disant savants des Droits de l’homme et des causes justes. Leur but est de se monter en épingle. L’inconséquence de leurs actes n’a d’excuses que leur amateurisme. Ils ne voient pas la politique en grand.

Leur vision des échanges internationaux est à courte vue et peu fondée. Les conséquences de leurs actes populistes sont payées, à l’instantané,  en espèces sonnantes et trébuchantes. Ce sont en fait les pauvres gens qui en subiront les effets immédiats et futurs. Notre pays est déjà en panne de croissance. Certes, il a traversé une tempête mais cette dernière perdure. La vérité des chiffres est maintenant connue. Suite à la dégradation continue de la note de notre pays par les agences de notation, les principaux donateurs commencent à tirer leur épingle du jeu.

Les mêmes gens, ces nouveau-nés de la politique qui se disent à la fois indépendants, chercheurs et analystes politiques, distribuent à leur gré les bons points et brossent souvent la géopolitique de leur réalité, à eux. A telle enseigne que la lecture et la vision de nos médias contribuent beaucoup plus à saper le moral et à inspirer l’effroi qu’à rétablir  la confiance.

Aujourd’hui, après avoir traité de l’économie sociale de marché et de l’open and go, dans nos précédentes contributions, nous allons nous intéresser à une composante économique du modèle de développement qui pourrait être celui de l’avenir.

Pour simplifier, l’économie  repose sur l’entreprise d’un côté  et  sur l’Etat de l’autre. L’une a pour vocation de faire des profits et de créer des richesses, l’autre a pour mission de redistribuer les richesses produites et de préserver un pacte social de stabilité. Mais la crise est venue bouleverser la donne. Pour surmonter ses difficultés nées de conjonctures aléatoires et difficiles, l’entreprise a eu recours à l’Etat pour l’aider.  En contrepartie, elle s’est engagée à participer à l’effort national et à le soutenir plus activement, en créant de l’emploi et en maîtrisant les prix. De cette convergence d’objectifs, est apparu un nouveau modèle économique connu sous le nom de l’économie sociale et solidaire (ESS).

De quoi s’agit-il en fait ? Quelles sont les expériences réussies dans ce domaine ? Peut-on l’adapter à notre environnement socio-économique ? Telles sont des questions qui méritent de  s’y attarder.

Cette économie regroupe un ensemble d’activités bénévoles sans but lucratif où on retrouve, côte à côte,  des coopératives, des mutuelles, des associations, des fondations et des syndicats. Outre l’encouragement et la participation du secteur public, le secteur privé s’y est également associé. Une nouvelle forme d’organisation caractérisée  par une autonomie de gestion, dont la finalité n’est plus le profil mais le service à la collectivité. La méthode retenue est d’insuffler de l’espérance, en réhabilitant la dignité du travail et de l’emploi.

De là est née une communauté autonome démocratique et solidaire fondée sur l’association où les élus ont remplacé les dirigeants et où les patrons et les employés deviennent des associés. Encouragée par les pouvoirs publics, elle a contribué à les suppléer dans certains domaines, en jouant un rôle prépondérant dans la création de l’emploi.

Pour prendre en charge ce nouveau secteur, un Secrétariat national d’économie solidaire (SENAS) a été créé sous formes de sociétés de secours mutuels. Elles offrent, aux populations et aux collectivités, des services d’une utilité sociale indiscutable.  Elles interviennent pour soutenir les personnes âgées, aider au logement, par la création de coopératives, héberger des femmes victimes de violence…ou encore faire émerger des organismes sans but lucratif dont la mission est le développement économique au bénéfice des plus démunis. Son apport global à l’économie n’a pas encore été étudié.

Cette économie qui n’est ni publique ni lucrative, vient d’avoir récemment sa propre loi qui la reconnait dans sa spécificité et lui permet de limiter son périmètre, encore flou. Faut-il signaler qu’elle emploie en France 2,35 millions de personnes et contribue à 10% du Produit intérieur brut ?

Qu’en est-il de l’économie sociale et solidaire dans notre pays ?

L’expérience tunisienne en matière de solidarité est très riche. Elle prend ses racines depuis l’indépendance où les citoyens ont contribué à construire des écoles, des dispensaires… Si l’Etat s’est engagé depuis longtemps à encourager cette économie, les résultats n’ont pas été probants. Pourtant plusieurs mécanismes ont été mis en place pour faciliter son émergence : Le fonds national de l’emploi, le fonds de solidarité nationale, la Banque tunisienne de solidarité mais aussi d’autres organismes et associations soutenues et aidées, dans leur financement, par l’Etat. C’est une voie de développement d’avenir intéressante à explorer. Elle pourrait être financée par la Banque d’investissement issue de la spécialisation des banques. Cette banque qui regrouperait les fonds et les subventions de l’Etat, fournirait des prêts  ou des participations en capital aux structures de l’économie sociale et solidaire. Ce nouveau financement solidaire serait différent du classique puisque la banque accepterait d’en retirer une rémunération moins élevée. Des associations, des mutuelles, des coopératives, les syndicats, l’Etat et le privé, tous ensemble, pourraient mobiliser les forces et les réseaux les plus divers et les plus nombreux. Ils permettront de détecter de nouveaux besoins dans les régions et les transformer en emplois. Ils aideront  à assurer l’efficience de l’utilisation des ressources financières publiques. Pour coordonner les différentes initiatives, il s’agit en premier lieu de faire un inventaire de l’existant. A titre d’exemple, il faut commencer par dénombrer le nombre d’associations et de mutuelles ; identifier l’origine de leur financement ; mettre l’accent sur les crédits accordés par l’Etat ; ressortir  les projets effectivement réalisés ; mettre en relief les expériences réussies ; lancer des bureaux d’études de projets dans les régions ;  engager les institutions universitaires à jouer un rôle dans la formation de l’opinion à cette nouvelle économie … La société civile peut y apporter sa contribution. Pour coordonner toutes ces composantes. Dans un délai de quelques mois, un Conseil de sages de l’économie sociale et solidaire ayant une mission d’investigation et d’études peut faire un bilan de la situation et proposer des solutions innovantes.

Il est temps que le politique laisse la société civile agir et prendre ses responsabilités à court et long terme. Quant à lui, il doit s’occuper de ses prérogatives et de son engagement qui consistent aujourd’hui à redorer son blason et à prouver qu’il sait « faire de la belle, de la bonne besogne !»

La situation d’unité, même si elle est factice, s’y prête et peut sauver les meubles. Il peut agir, au plus vite, pour émerger de ce consensus, tant espéré et attendu, une équipe gouvernementale de quinze ministres qui auront à choisir parmi eux leur Premier. La gouvernance transitoire redéfinie et son programme adopté, par consentement, seront une ultime chance de mettre fin à deux années de palabres et de marasme qui ont mis le pays à genoux. A ce prix, la confiance et la sécurité, les deux piliers de la croissance, seraient de retour!

1 COMMENTAIRE

  1. QUEL MIRACLE ET QUEL HOMME POUR SAUVER LA TUNISIE
    Pour résumer cet article ainsi que d’autres écrits depuis la révolution du 14 janvier.
    la Tunisie , comme le reste des pays arabes ,particulièrement , révolutionnaires , est rentrée en phase d’ ANARCHIE perpétuelle , sociale , économique , politique , etc …; c’est un Etat effervescent qui n’obéit à aucune loi dans le monde . Aucun modèle ne pourra donc coller à la physionomie actuelle du pays. Je le compare, même s’il est malheureux de le dire, à l’état actuel des philippines après le passage du typhon. De la mascarade du chef de l’Etat, ex révolutionnaire et perturbé d’esprit en passant par l’illettrisme des politiques à la rébellion de chaque citoyen le plus analphabète et le plus faible . Depuis le 14 janvier, tous les Tunisiens, sont devenus subitement et par miracle des maitres par excellence dans l’art du mensonge dans tous les domaines. Ce qui fait reculer le pays et donne une image négative à l’étranger. La Tunisie a reculé de plus d’un siècle dans tous les domaines, La douceur de la Tunisie connue dans le temps devient un enfer aujourd’hui. Alors , Il faut un Homme , une équipe d’envergure qui détruira tous les obstacles qui se présenteront sur sa route et créera une nouvelle démocratie , si le tunisien est près à accepter la démocratie , ce qui m’étonnerait .
    Ils sont tous devenus assoiffés de pouvoir quitte à rendre l’âme ou à exterminer l’autre en face de venu ennemi et non compatriote , du même sol et du même sang . N’est ce pas un Etat de dépression comme un ouragan en rage et en tourbillon qui arrache tout.
    Ils ont peur du lendemain, de leur avenir, ils ont peur pour leur siège, quelque soit la taille du siège . Leur manque de confiance dans l’autre , le manque de confiance en soi , le manque d’expérience et de savoir , le manque de respect et de dignité . C’est un manque qui détruit le pays. ET cette ignorance est la pire des gangrènes qui rongent le pays à petit feu.
    Au fond de moi, je suis très malheureux sans être pessimiste ni optimiste mais en attendant un miracle qui sauvera le pays et les petites gens sans pouvoirs.

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